6 Z2 HISTOIRE DES LACEDEMONIEN 3 .
Histoire se vit à la tête d’une Armée composée de Spartiates , d 'Arcadiens , de Bêo-tics Lacé • tiens, de Corinthiens , de Sicyoniens, de Pelléniens, de Phliajìens & de Mé-àémomem. ^ aJr - lgns * ^ pi US no mbreuse qu’aucune de celles qui avoient été mises fur pisdepuis le commencement de la guerre du Pêloponnè/e. Les Argiens étoientfort mal préparés à recevoir l’Ennemi, le secours qu’ils attendoient d 'A-thènes n’étant pas encore arrivé. Cependant ils se disposèrent à combattre,quoique très inférieurs en forces; mais dans l’inílant même qu’on alloit envenir aux mains, deux Capitaines Argìens crièrent au Roi Agis , que leursCitoyens étoient résolus d’en passer par tout ce qui seroit trouvé juste, &de faire la Paix avec les Lacédémoniens ; ce qui fit une telle impression furle Roi, qui étoit naturellement bon & généreux, qu’il consentit sur lechamp à une Trêve de quatre mois. Les Alliés de Sparte témoignèrentêtre fort mécontens de cette démarche, qui rendoit tous leurs préparatifsinutiles. Aussi Agis, de retour à Sparte , fut-il condamné à une amendeconsidérable par les Citoyens, qui auroient même rasé sa maison, s’il neles avoit pas appaisés, quoiqu’à grand’ peine, en leur promettant de réparerson honneur par quelque grand exploit: mais ce qui doit paroître bien plusextraordinaire, est que les Argiens furent assez injustes pour vouloir punirleurs Capitaines d’avoir prévenu leur ruine rieur fureur alla même au pointqu’ils leur auroient cassé la tête à coups de pierres, s’ils ne s’étoient pas re-tirés dans un Sanctuaire (a). La véritable cause de cette animosité des Ar-gienj étoit, que les Athéniens leur avoient envoyé un Corps de 1000 Fan-tassins & de 300 Chevaux fous le commandement d ’Alcibiade , à l’instiga- -tion duquel ils déclarèrent solemnellement ne pas vouloir tenir la Trêve faiteavec Agis. Quand la chose fut sue des Spartiates, ils se préparèrent à en-trer en campagne; mais ils ne voulurent pas confier le commandement del’Armée à leur Roi, fans le faire accompagner de dix Conseillers, fansl’ap*probation desqueis il ne pourroit rien entreprendre. Les deux Armées »plus nombreuses qu’aucune de celles que les Grecs eussent jamais mis encampagne, se trouvèrent bientôt en présence. L’Armée des Argiens & deleurs Alliés étoit plus forte que celle des Spartiates ; c’est ce qui portaquelques uns de ceux qui étoient autour d'Agis, à lui conseiller de n’enpoint venir à un engagement. Ce Prince répondit froidement, Quand onveut gouverner un grand nombre d'hommes , il faut en combattre un grand nom-bre (b ). II rangea ses Troupes dans le meilleur ordre possible; mais les Gé-néraux, qui commandoient fous lui, firent mal leur devoir; car dans letems que I’aile droite, qu’il commandoic, faisoit tout plier devant elle»l’aile gauche fut défaite. Agis, qui s’en apperçut, ne laissa pas de conti*nuer à poursuivre les Ennemis; ensuite, ne trouvant plus de résistance, Hprit leur aile droite en flanc & en queue, & après des efforts prodigieuxremporta une victoire complette. Le Roi Plifìoanax, qui étoit resté à Spar-te avec un Corps de réserve, ayant appris quel renfort les Argiens avoientreçu, s’étoit mis en marche pour venir au secours d 'Agis & de ses compa-triotes j
(a) Thucyd. L. V. Diod. Sicul. L. XII. (S) Plut. m Apoplit. Lacon.Pautàn. in Argot, Plut. in vit, Alcib.