Histoiredes Lrtcédé-moniens.
Agis filsífEudami-das entre-prend derétablir laConflit tt-.tion deSparte,
672 HISTOIRE. DES LA CEDE MONIENS.
Léonidas avoir pour collègue Agis , fils á' Eudamidas , jeune Prince de' grande espérance. 11 se montra non seulement juste, & obligeant enverstout le monde, & surpassa en qualités aimables & en vertus, non seule-ment Léonidas auquel ìl étoit associé dans le Gouvernement, mais aussi tousles Rois de Sparte depuis Agêfilas. Car quoiqu’il eût été élevé fort délica-tement par fa Mère Agèfistrate & par fa Grand-Mère Archìdamie , qui vi-vifient splendidement, il gagna sur Iui-même, avant que d’avoir atteint l’â-ge de vingt ans, de renoncer à tous les plaisirs qui pouvoient avoir quel-que chose d’efféminé. II avoit en sa personne tout ce qui peut rendre ai-mable,'cependant, pour s’empêcher d’en tirer vanité, il s’habilloit toujoursde la manière la plus simple. II observoit à l’égard de sa table & du bainla frugalité & la tempérance des anciens Spartiates, 8 c difoit quelquefois, Qu’ilne mudroit pas être Loi , fi par /’autorité que ce Caractère lui donnoit, il n’es»péroit pas de pouvoir rétablir leurs anciennes Loix £s? leur Discipline. II ne per-dit jamais cette idée de vue; & pour la réduire en pratique, il s’associa a-vec ceux qu’il crut les plus propres à contribuer à l’exécution de son granddessein, qui étoit de réformer l’Etat. Agésilas, son Oncle maternel,hom-me éloquent mais peu vertueux, fut un de ses principaux Conseillers ,n’ayant pris part à cette affaire qu’à la sollicitation de son fils Hypomèdon ,un des plus dignes hommes de son tems. Cet Agésilas fit entrer fa sœur,Mère du Roi Agis, dans les sentimens de son fils, pour lesquels elle avoiteu auparavant un extrême éloignement. Sa conversion produisit bientôtcelle de toutes les Dames de Sparte , ce qui fut d’une prodigieuse consé-quence, les maris Lacédémoniens consultant presque toujours leurs femmesfur les affaires politiques de quelque importance. En cette occasion, com-me en plusieurs autres, elles firent paroître leur bon-sens à leur vertu; caraprès un mûr examen, elles trouvèrent que quoique les nouveaux Règle-mens qu’on vouloir faire leur ôtassent quelques parures, ils rendroiencd’un autre côté à Sparte son crédit & son ancien lustre. Cette dernière con-sidération l’emporta fur toutes les autres, & les détermina à faire usage dupouvoir qu’elles avoient fur l’esprit de leurs époux. Pour ce qui est du Peu-ple, il sc rendit fans difficulté, tant parce qu’il voyoit la puissance de l’E-tat aller en déclinant, que par ce principe de légèreté qui aime le chan-gement. Mais le petit nombre de ceux entre les mains de qui se trou-voieot toutes les richesses de Sparte, fe plaignit de cette innovation. Ilss’a-drefi'érent à Léonidas , & lui dirent que comme il étoit plus âgé & plus sa-ge que son collègue, il ne devoitpas souffrir que sambition d’un Jeune-hom-me renversât le Gouvernement. Car ces Spartiates, devenus riches, neconnoissoient d’autre Gouvernement que celui qui leur assuroit la posses-sion de leurs biens, & trembloient à la feule idée de Lycurgue, comme desEsclaves fugitifs qui entendent prononcer le nom de leur Maître. Léonidasne voulut rien avoir à démêler avec le Peuple, qui lui paroissoient préve-nu en faveur de son collègue, & du projet que ce Prince avoit formé.II s’adressa aux principaux Magistrats, & calomnia Agis, en disant, Qu’ilossroit aux Pauvres le bien des Riches, le partage des Terres, & l’a*bolition des Dettes, comme le prix de la tyrannie qu’il vouloir usurper.Le parti qu’il forma par ces sortes d’insinuations,fut très considérable. Ap