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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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678 HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.

Histoire il adressa au Peuple un discours très finement tourné, pour lui servir dapolo-«Lr Lacé- gie *. II démontrala nécessité de rétablir les Institutions de Lycurgue , & pro-dimoniem. [esta que quoiqiïe la conjon&ure leût obligé à employer des moyens violens, j] auroità l'avenir les égards les plus scrupuleux pour lobservatíon des Loix;& que le dernier acte dautorité absolue de sa part, consisterait à bannir 80Citoyens, dont il feroit afficher les noms. II fut le prémier qui mit tout sonbien en commun, son Beau-Père & ses Amis en firent de-même. Dans lePartage des Terres, il affigna une portion à chacun de ceux quil avoit ban-nis, & promit de les rappellerdès-queles affaires seroient tranquilles. 11 tra-vailla ensuite à rétablir, par rapport à lEducation des Enfans, lancienneDiscipline appeììéeLaconique, les Repas publics, & lusage de faire les Exer-cices en commun. 11 leva aussi un Corps considérable de troupes, quil dis-ciplina & arma dune manière nouvelle. Pour faire voir quil nafpiroit pointà la Tyrannie, & pour ne donner aucun ombrage à ses Citoyens, comme sileût voulu'àvoir seul toute l'Autorité, il nomma son frère Euclidas Roi aveclui, déclarant quà lavenir il y auroit toujours deux Rois à Sparte commedu tems passé, & que son dessein nétoit nullement dériger une Monarchie

* Plutarque nous a conservé le discours que le Roi tint à cette occasion, & que nous cro-yons devoir insérer ici, non seulement à caulè de la relation quil a avec lHistoire de Spam,mais auffi parce quil contient diverses particularités concernant la Police des Lacèdémoniens. Le Gouvernement de Sparte, tel que Lycurgue la institué, étoit composé des Rois & du Sénat. Ce Gouvernement a continué longtems fous cette forme, fans avoir besoin daucuu autre Magistrat; mais dans la fuite, durant la longue guerre contre les Mcjséniens, les Rois ne pouvant pas vaquer aux Affaires Civiles, choisirent quelques-uns de leurs amis pour rem- plir leur place à cet égard. On les appella Ephores,Si ils se conduisirent au commencement comme Serviteurs des Rois ; mais dans la fuite ils se rendirent indépendans, & érigèrent une nouvelle forte de Magistrature. Une preuve de cette vérité peut se tirer duu usage des Rois, qui, au prémier & au second message des Ephor-es , refusent de venir, & ne screu- dent auprès deux quau troisième. /Ijlérope , le prémier de ceux qui étendirent si fort I» puissance des Ephores , ne parvint à cette Charge que plusieurs années après quelleeutété instituée. Auffi longtems quils se tinrent dans de certaines bornes, il valoit mieux les ffip- porter, que les écarter en causant des troubles. Mais dès-que des hommes, revêtus dune puissance usurpée, voulurent détruire lancien Gouvernement au point de bannir quelques Rois,deu tuer dautres lans aucune forme de procès, & dintimider par des menaces ceux qui voudroient rétablir lancien Gouvernement de Sparte , il ny eut plus moyen de souffris des choses si criantes. Cest pourquoi, sil avoit été possible, fans effusion de sang, de- livrer Lacédémone de ces pestes étrangères, le luxe, la vanité, les dettes & suffire, comme auffi de ces autres maux, la pauvreté & les richesses, je me serois estimé le Roi du monde le plus heureux, davoir, comme un habile Médecin, guéri de cruelles maladies fans cau- fer de douleur. Mais à présent jai cru devoir imiter Pexemple de Lycurgue, qui n'étant ni Roi, ni Magistrat, mais un simple Particulier, vint armé dans la Place publique, ce qui,, obligea le Roi Charilaûs à chercher uu azile aux piés des Autels. Cependant, comme ce Prince étoit dun bon caractère, & quil aimoit Ion Pays, il entra dans les vues de Lycur - gue , & consentit au changement proposé. Cest ainsi que Lycurgue lit voir par ses actions,,, quil nest guères possible de corriger un Gouvernement fans y employer la frayeur & 13,, force: moyens quil déclara ne vouloir jamais mettre en œuvre,que contre les Ennemis de,, la fureté & du bonheur de Sparte. 11 ordonna que tous les Terres fussent en commun,&» toutes les Dettes abolies; & q u'on distinguât soigneusement les Etrangers davec les Spar- tiates, asm que ces derniers, animés dun véritable amour pour leur Patrie, ne souffris-« sent plus quelie fût ravagée par les Etoliem (i).

(O Plutaich, ia vit. Cleomcn.