46 HISTOIRE GENERALE
Section ms, A la faveur de son déguisement il s’aboucha avec beaucoup de Sei-IMoire S neurs wécontens de Hugue, & prit avec eux des mesures pour procurer-r-- la couronne à Bérenger. Hugue, qui avoit par tout des espions, aiantpais l’on eu le vent de ce qui fe pafloit, donna des ordres pour arrêter le faux pe-jusqu’h ieri n . Mais Amedée changeant fans cesse de forme & de vêlement, trom-
I an s 2. pa | a vigilance de ceux qui le cherchoient; il osa même se présenter
" avec d’aucres pauvres devant le Roi. Après avoir pris toutes les in-
structions nécessaires, il alla par des sentiers impraticables retrouver Bé-renger.
II passe m Le Marquis d’Ivrée, assuré que les Seigneurs d’Italie étoíent prêts àlíahe. prendre les armes en fa faveur , entra dans ce Royaume par le Trentin
avec très - peu de Troupes. L’entrée de cette Marche étoit défendue parun Château, qui étoit gardé par Adelard un des Clercs de Manassé Evêquede Trente,de Vérone & de Mantoue (*). Bérenger les gagna tous deuxen promettant à Manassé f Archevêché de Milan, & à Adelard l’Evêchéde Corne, en forte que le Château lui fut livré. Le bruit de l’arrivée deBérenger ne fe fut pas sitôt répandu , que divers Seigneurs fe rendirentauprès de lui. Milan Comte de Verone, que Hugue fefoit garder à vue,s’échapa, vola à Verone < 5 1 en ouvrit les portes à Bérenger. Modene luifut livrée par son Evêque Gui , sur l'espérance de la riche Abbaye deNonentola. Hugue assembla des troupes & vint assiéger le Château deVignola, dont Gui étoit Seigneur. Mais voyant que le parti de Bérengergrossissoit tous les jours, il se trouva trop foible pour rien entreprendrecontre lui. Tandis que la Lombardie étoit ainsi partagée , Landais &Atenulf, Princes de Capoue , s’étoient emparés du Mont-Cassin, & enavoient chassé les Moines. On en porta des plaintes au Pape, qui ordon-na à ces Princes de restituer ce qu’ils avoient usurpé & aux Moines de re-prendre possession de leur Monastère (a).
Il fe mid à Cependant Bérenger, invité par l’Archevêque Arderic, partit de Ve-r one & se rendit à Milan, où il agit en Roi. Hugue désespéré re-tmtct’au- tourna à Pavie, & se voyant de jour en jour abandonné, ensorte qu’ilttrité. n’espéroit plus de pouvoir conserver la couronne, envoya son fils Lo-thaire à Milan, pour exciter la compassion des Seigneurs qui s’y trou-voient avec Bérenger. Lothaire assembla Bérenger, les autres Seigneurs& le peupse, dans le grande Eglise, & se prosternant aux pieds de lacroix, il les conjura, s’ils ne vouloient plus du pere, de ne pas priverde la couronne le fils. Toute 1 assemblée, touchée de pitié , le pro-clama Roi, sens faire mention de Hugue. Ce Prince regarda ce silencecomme une eípece de déposition, desorte qu’il quitta Pavie <St prie le
fa) Léo Ost. L. I. C. 64.
(*) Ce Prélat, étant Archevêque d’Arles, chercha à profiter de la puissance de Hu-gue, dont il étoit parent. 11 abandonna son Eglise, en 936, & vint en Italie, où leRoi lui donna les Evêchés de Verone, de Mantoue & de Trente, & le gouvernementdu Trentin, ce qui rengagea à devenir guerrier plutôt qu’Evêque (r). Rem. du Trad.
(1) FltarilHid. Ecd. T. XII. i>. m. rr.