62 HISTOIRE GENERALE
Section vêque. II se donna plusiears combats dans la ville, où le Peuple eut tou*III. jours l’avantagejensorte que f Archevêque se retira avec les Nobles. AìanC#h°tìe de- en ^ u i ce rassemblé des Troupes de tous côtés,il livra bataille au Peuple dan*puù i’m la plaine de Carbonaria. Le carnage fut grand de part & d’autre, <Scyó i jusqu à T Archevêque fut encore forcé de se retirer. Après la bataille, une Escla-l'an 1027. VG) dont le Maître venoit d’étre tué, alla peur venger sa mort poignar-der Bonizon, qui étoit resté malade à Milan. Des gens sages s’entxemi*rent enfin pour appaiser cette querelle & Landaise rentra dans la ville (a).Gíhon !ll. Crescentius, toujours puissant dans Rome & toujours factieux, tenoitvient en ’ Jean XV. dans une espece de dépendance, & s’emparoit de toute l’autorì*Jcaììe. ié. Jean de concert avec la plus faine partie des Romains & avec les296- Lombards invita Othon III. à venir incessamment en Italie. Ce Prince yarriva au Primeurs de 996. 11 passa les fêtes de Pâques à Pavie, & né-gligeant d’aller à Milan recevoir la couronne du Royaume d’Italie, il serendit à Ravenne, & delà sous les murs de Rome, avec son Armée, poufappuier la demande qu’il fesoit aux Romains d’élire pour Pape Brunon soncousin, en la place de Jean XV. décédé pendant sa marche de Pavie àRavenne. Brunon fut élu sous le nom de Grégoire V. & le 21 de Mai,jour de l’Ascension, il sacra Othon & le couronna Empereur. Sigoniuaajoute que Marie, femme d’Othon & fille de Sanche II. Roi d’Arragon,fut couronnée Impératrice. C’est une fable, puisqu'il est fort peu certainqu’Othon III. ait jamais été marié, & d’ailleursìl n’y avoit pas encore deRois d’Arragon.
Retourne en Le nouvel Empereur prit alors connoissance des excès commis par laAiitmagne . Faction de Crescentius, & condamna ce séditieux à l’exil ; mais GrégoireV. intercéda pour lui & obtint fa grâce, Othon retourna en Lombardie,& fur la fin de l’Automne il se fit couronner Roi d’Italìe à Milan, & re-prit ensuite le chemin d’Allemagne.
Fable ton - Sigonius (b) & d'autres Auteurs rapportent, que l’Impératrice Marie,char ‘* f à' se trouvant près de Modene, devint éperdument amoureuse du Comte deper nce, cet£e Vj -]j e , â lui fit effrontément la déclaration de son amour. Ce Sei-gneur aiant refusé d’y répondre , l’Impératrice l’accusa d’avoir entreprisd’attenter à son honneur. L’Empereur trop crédule, sans aucun examenle fit décapiter. La veuve du Comte vint ensuite se présenter à Othon,lui conta la chose comme elle s’étoit passée, <k demanda justice, en of-frant de prouver l’innocence de son époux & la calomnie de f Impératri-ce, par le jugement de Dieu, comme l’on parloit alors. Elle fut admiseà la preuve du feu, marcha sur des socs ardens & ne reçut aucun domma-ge. Othon reconnut fa faute, fie brûler l’Impératrice à Modene, & donnaà h veuve du Comte quatre Châteaux pour dédommagement. Tout celan’est qu’un conte populaire, dont les Historiens d’Italie, toujours peu fa-vorables à leurs Souverains de delà les Monts n’ont rien dit.
Crefcen- A peine l’Empereur avoit-il repassé les Monts, que Crescentius recom-tius excite mença à troubler Rome. Grégoire V. qui étoic haut & dur donna peut-de nou- être occasion à ces nouveaux troubles ; ce qu't! y a de certain, c’est que
(a) St. Marc Abr. Chron. T. II. p. 896, 898. (b) Sigtn. L. VII. p. 182.