D’I T A L I E. Liv. XXIV. Cil. I. 65
terne, Othon ne prend que la qualité de Serviteur des Apôtres. C’est ce Secttosqui mérite d'autant plus d’attention, ainsi que l’observe M. de St. Marc (a ), I' 1 -.que dans la fuite la Cour de Rome, abusant de ce qu’un esprit de péniten*ce & d’humilité fesoit faire à ce jeune Prince , prétendit que c’etoit de sa 1 > m
part un aveu formel que le titre d’Empereur ne lui donnoit d’autre qualité §62 jufju’àque celle de Défenseur ou à'Avoué de l'Eglise de Rome. Prétention de mau- l ' afl * 02 7.vaife foi, que les circonstances mirent en état de faire valoir dans la fuite. "
La santé d’Othon étoit languissante depuis plusieurs mois ; il mourut le 23de Janvier de Tan 10C2; les uns disent que ce Prince mourut d’une fievrejïïaljgne ; mais un grand nombre d’autres prétendent qu’il perdit la vie parle poison que Stéphanie , veuve de Crefcentius lui donna. Cependant cesAuteurs varient fur la maniéré, & mêlent à leur récit beaucoup de contesPopulaires. II y en a qui disent, que ce Prince avoit imprudemment priscette femme pour concubine. Mais cela ne s’accorde gueres avec la viePénitente qu’Othon menoit alors. Quoiqu’il en soit ses Ministres cachèrentà mort, jufqu’à ce qu’ils eussent rassemblé les Troupes dispersées dans lesChâteaux voisins. Ils se mirent en suite en marche pour porter son corpsa Aix-la-Chapelle. A peine la nouvelle de fa mort fut-elle répandue, queles Italiens prirent les armes, Sc harcelèrent les Allemans dans leur marche,ceux-ci eurent même à soutenir trois combats, où ils eurent toujours l’avan-
l ?S Q > & ils arrivèrent enfin à Augsbourg fans avoir fait de perte consi-dérable. b & r
Les Evêques, les Princes 61 les autres Seigneurs d’Italie, dégoûtés de Ardoîn élua Domination Allemande, s'assemblèrent à Pavìe , & élurent pour RoiArdoin ou plardwic ou Hardwig, Marquis d’Ivrée, qui fut couronné à ltc ’
Pavìe le 15 de Fevrier. Mais le peu d’égard qu’il eut pour les Princes qui3 voient élu, fes emportemens, ses violences & fa dureté pour les Peuplescauferent fa ruine. Les Princes fe dégoûtèrent de lui, & beaucoup d’en-îte eux invitèrent Henri le Boiteux, par des Lettres ou par des Députéscie passer en Italie. Henri Duc de Bavière, petit-fils de Henri le Quérel-, pere de l’Empereur Othon 1 . avoit été élu Roi de Germanie, Scc^toit lui que les Princes d’Italie vouloient opposer à Ardoin. Plusieursd avoient pas donné leur consentement à sélection de ce dernier, Sc mêmequelques-uns avoient proposé dans la Diete d’élire Henri. Arnulfe, Ar-chevêque-de Milan étoit un des partisans de ce Prince. Ce Prélat revenuConstantinople, depuis la mort d’Othon & sélection d’Ardoin, avoitete sort mécontent qu’on fe fût hâté si fort d’élire Sc de couronner un Roi,parce qu’étant le premier des Princes de Lombardie, il devoit durant l’in-f rr ?§ ne présider 3 la Diete,& pareeque c’étoit d’ailleurs aux ArchevêquesdfA if 0 ' appartenoit de couronner le Roi d’Italie. A l’arrivéer nuise , Ardoin s’étoit empressé daller à fa rencontre , & n’avoit rienabte pour le meure dans fes intérêts. L’Archevêque ne s’étoit point laisséï^netrer^ K sous trop paroitre, il fut famé de tous les mouvemens quitison^d*" en fav . eur à Henri. II y a même tout lieu de penser que les Par-
a e ce Prince l’avoient élu Roi.
00 Abr. Chron. T. II. p. 934,I
Tome XVlu^