D’I T A L I E. Liv. XXIV. C n. L h
s’ e ngagereiit par ferment à ne jamais reconnoitre Godefroi pour son suc- Sïcttowcesseur. En 1072, Herlembald fit élire, en présence du Légat du Pape, ^contre l’avis de la plus grande partie du Clergé & de la plus faine partie di ,du Peuple, Atton, chanoine ordinaire de Milan, mais trop jeune pour être p- t û r anélevé à l’Epifcopat. Dès le jour même le nouvel Elu voulut donner, fui- 1027 jus-vant f usage, un grand festin à ses Electeurs dans le Palais Archìépisco-pal; mais comme l’on fe mettoit à table, ceux de la Faction contraire en- 1 3iutrerent en armes dans le Palais,brisèrent tout, trouvèrent Atton qui sétoit 1072.caché, le chargèrent de coups, «St le chassèrent du Palais. II fe réfugiadans l’Eglise, & les cris furieux du Peuple Pobligerent de protester avecferments qu’il renonçoit pour toujours à son élection. Le Pape, informéde ce qui s’étoit passé, confirma sélection d’Atton, & renouvella l'ex-communication de Godefroi. Le Roi n’eut pas fitot avis de ce nouvel at-tentat fur ses droits, qu’il envoya ordre aux fuffragans de Milan de sacrerGodefroi, ce qu’ils firent à Novare. Après quelques efforts pour.s’emparerde quelque Château du Domaine de l’Archevêché, il alla s’établir dans leChâteau de Brebia,
Avant que de passer à l'histoire du Pontificat de Grégoire VII. fi me Tableau duparoit nécessaire de donner une idée du régné de Henri lis. ou pour mieux régné dedire de Henri IV. ainsi qu’il écoit par rapport à s Allemagne, & à qui je m.donnerai dans la fuite le titre d’Emnereur, avec tous les Historiens. _ Cey^^Prince donna toute fa confiance à Adalbert Archevêque de Brême, qui de deGiégol-concert avec le Favori de ce Prince & d’autres Evêques, exerça publique- re Vil.nient la Simonie, en vendant les Evêchés, les Abbayes & toutes les Di-gnités Ecclésiastiques. L’Empereur étoit encore trop jeune pour connaîtreles conséquences de cette conduite. Les Historiens font de Henri des por-traits très-différens. Les uns le représentent comme un tyran, livré àtoutes fortes de débauches & de crimes. Ses Partisans lui attribuent lamodération, la sagesse «Sc la prudence. Les Auteurs favorables aux préten-tions des Papes n’ont rien négligé pour le rendre odieux. Tous les Histo-riens qui en ont parlé avec impartialité, reconnoissent en lui plus de bon-nes que de mauvaises qualités. On a vu fous fan 1062, qu’il avoit étésoustrait à la tutelle de l’Impératrice Agnès fa mere. Quatre ans après, lesentreprises de Richard Comte d'A verse lui firent prendre la résolution de .passer en Italie; il s’avança même avec une puissante Armée jufqu’à Augs-bourg , mais renonça alors à son entreprise. La même année, il épousa à jq6 ^Tribur Berthe, fille de ia Comtesse Adélaïde Marquise de Sufe, & duMarquis Otton son second mari. Comme cette Princesse n'étoit point deson choix, il voulut au bout de trois ans la répudier, mais il ne put y réus-sit , & fut obligé de la garder; il en eur-même ensuite des enfans. , 11 fiten roOp la guerre à Dedi Marquis de Thuringe & de Saxe. L’année fui-vante, il dépouilla Otton Duc de Bavière de ses Etats, pareequil s’étoitligué contre lui. II lui pardonna ensuite. Cette facilité, & le tems qu ildonnoit à ses plaisirs, firent mépriser son autorité, surtout en Saxe. LesSeigneurs de ce pays y agissoient en tyrans, & les Troupes Impériales, quin’étoient point payées augmentoient le désordre. Cela détermina Henrià engager Annon, Archevêque de Cologne, qui s’étoit retiré de la Cour,
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