no HISTOIRE GENERALESection France Orientale & la Bavière; ensorte que tous les.pays depuis le Rhinjusqu’à la Hongrie tenoient pour le Pape. Son Parti se fortifia aufli end'halìe de- Lombardíe, où plusieurs Châteaux se révoltèrent contre l’Empereur, pen-pnu l’an dant que ce Prince étoit passé dans ses Royaumes de Bourgogne & de Lor»ioì7 jus- raine. A son retour en Italie, il confirma à Trevise les anciennes conven*Vtta lan tions des Rois d’Italie avec les Vénitiens, & alla même à Venise visiter la' Basilique de S. Marc, il tint sur les fonts de-Batême une fille du Doge Vi-tal Palier.
Concile de Le Pape, invité par la Comtesse Mathilde, passa en Toscane, où ilPlaisance, célébra les fêtes de Noël. Arrivé dans le mois de Janvier 1095 à Guastailai°95* fur le Po, Urbain y tint un Concile dont on ne fait rien ; & dont vrai-semblablement l’objet étoit de préparer ce qui se devoit traiter dans celuique le Pape avoic indiqué à Plaisance. II arriva dans cette ville vers la finde Fevrìer, &le premier de Mars, Jeudi de la Mi-Carême, il fit l'ou-verture du Concile. II s’y trouva deux-cens Evêques d’Italie, des deuxBourgognes, de France, d’Allemagne, de Bavière & d’autres Provinces,environ quatre mille Clercs & plus de trente mille Laïques. Comme iln’y avoit point d’Eglise qui pût contenir une si grande multitude, il falluttenir les assemblées en pleine campagne. L’Impératrice Adélaïde y vintrepéter elle - même toutes les infamies qu’elle avoit fait débiter au Concilede Constance. Le Pape jugeant qu’elle n’y avoit point consenti, la dis-pensa de la pénitence qu’elle auroit dû naturellement subir. Peut-être ,dit le judicieux M. de St. Marc, n es ^ il pus défendu de penser qu on n usapas de rigueur à son égard, par cequ elle r enduit m service important aux en-nemis de íEmpereur , en le rendant plus odieux. Philippe, Roi de France,envoya une Ambassade à ce Concile, & manda qu’il s’étoit mis en cheminpour y aller, mais qu’il en avoit été empêché par des raisons légitimes, IIvint aufli au Concile des Ambassadeurs d’Alexis Comtnene,Empereur Gréé,demander du secours contre les Infidèles, qui venoient jusqu’aux murs deConstantinople. On condamna l’hérésie de Bérenger ; on renouvella lesDécrets touchant la Simonie , l'incontinence des Clercs, les InvestituresLaïques & les fausses Pénitences ; Guibert & ses Partisans furent de nou-veau excommunies (a). Après le Concile Urbain alla à Crémone, où Con-rad vint au devant de lui, lui servit d’écuyer,& lui prêta serment de fidé-lité. Le Pape l’adopta pour fils de l’Eglise Romaine, <St lui promit lacouronne Impériale, à condition qu’il conserveroic les droits de l’Eglise,& qu’il renonceroit aux Investitures (/;), Par le conseil d’Urbain, du DucGuelfe & de la Comtesse Mathilde, il demanda Mathilde , fille de RogerComte de Sicile, qi*il épousa peu après à Pise.
Concile de Après avoir parcouru les villes de Lombardie & s’ètre arrêté quelqueciermont. tems à Milan, le Pape partit pour la France , en prenant son chemin parles Alpes. Le 18 de Novembre, il fit souverture d’un Concile général àClermont en Auvergne, fameux pour avoir donné naissance aux Croisades.Quelque tems auparavant Urbain avoit reçu par Pierre l’Hermite des Let-tres du Patriarche de Jérusalem , qui lui exposait le déplorable état des
00 F ‘ mì T - xm. p. III. 554-556. (/;) Là même, p. 555, 557.