D’I TAU E. Liv. XXIV. Ch. L ii 5
pour lui, ce que les autres, n’avoient pu. Ce Prélat retourna donc a Ro- Sectionme, mais le Pape fut inflexible; & ce ne fut qu’en ijo 6 qu’Ansclme re-vint en Angleterre en vertu d’une espece de convention avec le Roi, d .j [alie (ií .autorisée par le Pape (a). Nous avons rapporté cette affaire de fuite puis }< anpour n’y pas revenir. M'
Galon, Abbé de Saint Quentin de Beauvais , aiant été élu Evêque de lu’è i'ancette ville, le Roi jura qu’il ne le reconrioitroit jamais pour tel.' Ce Pré- 113 ’lac alla à Rome & y fit quelque séjour. On dit que le Pape renvoya Lé- Lt Roi degat en Pologne, pour y remedier à divers abus. Quoiqu’il en soit pendant France ai-qu’il étoit à Rome, il fut élu Evêque de Paris, & le Pape confirma cette fous.élection. Galon obtint de ce Pontife, que le Roi Philippe seroit absous ,I04#de l’excommumcation à de certaines conditions. Le Pape envoya Richard,
Evêque d’Albane, Légat en France, pour absoudre le Roi; ce qui se fitenfin à Paris en 1104. On voit par ces divers exemples jusqu’à quel pointles Papes avoient porté leur autorité fur les Souverains. Aujourd’hui lesPrinces redoutent moins les foudres du Vatican, âc les Papes s’abstiennentaussi d’entreprendre fur l’autorité des Puissances.
L’année suivante il arriva une grande révolution en Allemagne, Henri L'Empe- ^à de l’Empereur se révolta contre lui, l’emprisonna & le détrôna. C’est r ™ r Henrice qu’il faut développer. L’excommunication de l’Empereur fut le prétex- trdnéparte de la rébellion; un Auteur célébré dit (b) , que le jeune Prince y fut j- on p iSexcité artificieufement par les Lettres du Pape Paschal, qui l’exhortoit à Henri V.secourir l’Eglise de Dieu, & ce fils ambitieux, ravi de se voir autorisé, * »
s’arma fièrement contre son pere. II indiqua un Concile à Nordhausen en 1Thuringe, qui s’assembla le 29 de Mai de fan 1105, où il déclara qu’il nefouhaitoit point qu’on déposât son Seigneur & son pere, L que fi l’Empe-reur vouloit rendre à Saint Pierre & à ses successeurs f obéissance due, ilétoit prêt de renoncer lui-même au Royaume & d’être le serviteur le plusfournis de son pere. La Religion étant le spécieux prétexte de la révolte,l’Empereur écrivit une Lettre au Pape, pour lui proposer un accommode-ment. Cette Lettre ne fit aucun effet, & Paschal voulut douter de la sin-cérité de l’Empereur, pour autoriser la conduite d’un fils dénaturé.,, C’est,, en gémissant, dit un Historien de notre tems (c), qu’on se voit forcé,» de présenter des Chefs de la Religion, que l’on qualifie de Vicaires de Je-„ /r"- Christ, immolant les droits les plus saints à leur ambition. L’in-„ juste & scandaleuse querelle des Investitures n’avoit pour but (il ne saut„ pas se lasser de le répéter) que de rendre les Papes absolument indépen-„ dans ; & nous les verrons encore longtems marcher dans la route que,, Grégoire VII. leur avoir fraiée”. Après le Concile de Nordhausen lejeune Henri marcha contre son pere; les deux Armées se trouvèrent enprésence près de Ratìsbonne, fans en venir aux mains. Le jeune Princegagna les principaux Seigneurs du parti de son pere, qui fut obligé de«enfuir. Le 13 de Décembre le pere & le fils eurent une entrevue à Bin-
(a) Fleuri L. LXV. n. 414, IZ, 2l, 27, 28, 46.
( b) Fleuri'F. XIV. p. 61,
5, 10, iz, (O St. Marc Abr. Chras. T. III. F,II. p. L8S> Col. Papes.
P L