Buch 
32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
Seite
158
JPEG-Download
 

I5 8 HISTOIRE GENERALE

Skction Cardinaux à Pavie, mais après quelques conférences avec les Ministres deV. Frédéric, ils s'en retournèrent fans rien conclure. On crut que l’Empe-Italie de~ reur u’avoit engagé cette négociation que pour gagner du tems, jufqu’àpuis *l’ an' l’arrivée d’un nombreux corps de Troupes qu’il attendoit d’Allemagne (a).1138 jus Cependant le Pape, pour récompenser la ville d’Alexandrie de fa fidélité ,qu’à l'an l'érigea en Evêché, & lui donna pour premier Evêque Ardouin Soudiacre1269. d e l’Eglife Romaine. Au contraire pôur punir la ville de Pavie d’avoiradhéré à l'Empereur, il priva son Evêque du droit de faire porter la croixdevant lui & du Pallium (b).

L’Empereur comprenoit que s’il pouvoit détacher le Roi de Sicile dureurljídi- ^ a P e ^ ^ ^ alre entrer dans ses intérêts, cela contribueroit fort au fuc-

fait. J cès de ses desseins. II fit donc offrir à Guillaume II, en 1176, fa fille

1176. en mariage, & de faire une alliance perpétuelle avec lui. Mais le Roi

de Sicile refusa de se prêter à ces propositions, pour ne pas déplaire

au Pape (<r). Frédéric aiant reçu les Troupes qu’il attendoit d'Allema-gne, commença à ravager les terres des Milanois. I/Armée des Con-fédérés s’avança contre lui ; le 4 de Juin il fe donna une sanglante ba-taille, & après un combat opiniâtré, les Allemands furent défaits entie*rement, & les ennemis firent un butin immense. L’Empereur se sauvaavec une petite suite à Pavie, aiant couru risque de la vie (d).

Il sait des Un coup aussi terrible, joint à la déclaration que lui firent les SeigneursaffTf íímî siOl l’avoient suivi, qu’ils l’abandonneroient s’il ne fe reconcilioit avec lePape, le porterent à penser sérieusement & de bonne foi à faire la paixavec Alexandre. II envoya l’Archevêque de Maience & quelques autresSeigneurs , pour lui faire des propositions de paix. Le Pape les reçutavec joie, & après diverses Conférences pendant quinze jours , onconvint de tous les articles entre l’Eglise & l’Empire. Mais comme lePape vouloir que les villes de Lombardie & le Roi de Sicile fussentcompris dans le Traité, il fut résolu que le Pape s’aboucheroit avec Fré-déric en Lombardie, & l’Empereur accorda des saufconduits à tous lesmembres de l’Eglise Romaine (s).

Le Pape Je Le Pape fit prier le Roi de Sicile d’envoyer quelques-uns de ses Minif-rend à Vé- tres pour assister à la Conférence, & Guillaume envoya fur le champ Ro-nÌ ^ii 7 rnuald Archevêque de Salerne & Roger Comte d’Andria. Alexandre partitalors d’Agnanie & vint à Benevent, de là il passa à Siponte & à Vesti,où il s’embarqua le 9 de Mars 1177, &. arriva heureusement à Venise,oùle Doge & les Nobles lui rendirent tous les honneurs possibles. De Veniseil se rendit à Ferrare, qu’on avoit choisie pour le lieu des Conférences, àla réquisition de l’Empereur. Trois jours après arrivèrent sept Commissai-res de l’Empereur, & après bien des contestations, on convint enfin que leCongrès fe tiendroit à Venise. Le Pape s’y rendit avec les.autres Com-missaires dans le mois de Mai. La négociation traîna en longueur, & enfinle Pape consentit que l’Empereur vint à Venise, & le 24 de Juillet, aprèsavoir reçu l’absolution, il fe prosterna aux pieds du Pape, qui le releva &

(a) Act- apud Baron. 1174, 1175-

(b) Les mémes, 1175.

(c) Giannone ilìít. de Naples T. II. p. 349.

(à) Là-même.

CO Le même p. 3 52. Fleuri ubi fup. p. 370.