D’I T A L I E. Liv. XXIV. C h. I. m
il s’accommoda avec Marcovalde, & partagea avec lui le Gouvernement du SectionRoyaume, afin que l’un régnât en Sicile & l’autre dans la Fouille. Cetteconvention fut aussitôt rompue que faite; le Pape excommunia Gautier,lepriva-de l’Archevêché d, Palerme, de l’Evéché de Troia, & de Ja charge puis /•„„6e Chancelier, & nomma d’autres Prélats à ces Eglises (ct). Le Chancelier 1138;»/'alla joindre le Comte Diepolde, que Marcovalde avoit laissé dans la Fouille. i u ' à l ’ anUs allèrent attaquer le Comte de Brienne, qui remporta fur eux une vie- Ia<59 ‘toire complette. D’autre part, Marcovalde s’étoit rendu maître de touteR Sicile, à l’exception de Messine. Mais, comme il craignoit le Comte6e Brienne', qui étoit protégé du Pape, & le plus proche héritier de lacouronne , si Frédéric venoic à manquer;il tenta par des offres de sommesconsidérables d’engagerle Pape à renvoyer le Comte en France. Mais tousces projets furent bientôt confondus;attaqué de la graveìle,iì souffrit tant,qu’il prit i a résolution de se faire tailler ,& mourut de fopération. Gautierànt appris fa mort, demanda & obtint l’absolution. il repassa ensuite enSicile Ôí reprit la chárge de Chancelier (L).
L’Empereur Grec liaac l’Ange avoit été détrôné & mis en prison par Les Croisésson frere Alexis l’Ange; le fiis dlsaac, qui s’appelloic aussi Alexis s’étant rétablisse,*souvé vint à Zara, où les Croisés paffoient l’hiver, il les sollicita de lui ac-corder leur secours contre son oncle, usurpateur du trône; pour sobtenir tinopl ^ìl fit un Traité, par lequel il s’engagea, qu’aussitôt qu’il scroit rétabli il 1263.r éuniroit les Grecs à l’Eglife Romaine, donneroit anx Croisés deux-censmille marcs d’argent & des vivres pour toutes leurs Troupes, marcheroit enPersonne contre les Infidèles, ou fourniroit pendant un an à ses fraix uneArmée de dix mille hommes, & entretiendroìc toute fa vie cinq-cens Che-valiers pour la défense des conquêtes qu’on auroit faites (c). Les Croisésfirent donc voile pour Constantinople & s’en rendirent maîtres par assaut,au bout de huit jours de siégé. Ils tirèrent de prison Isaac, & le mirent surle trône; ce Prince ratifia le Traité fait avec son fils, qu’il associa á l’Em-pire. Le Pape avoit reconnu l’usurpateur , qui l’avoit flaté par fies Ambas-sadeurs , desorte qu’il fut d’abord choqué dé f entreprise des Croisés ; maisle succès qu’ils eurent, & les promesses du nouvel Empereur l’appaiferent.
Alexis négligea de remplir ses engagemens, & travailla même à la perie lls fi ren-des Croisés. Ceux-ci s’en plaignirent avec tant de hauteur, que les Grecsirrités firent avancer dix sept grands brûlots pour briser la Flotte Vénitien ^n%Lolk.ne, mais le Doge donna de íi bons ordres & ils furent exécutés si adroiteMent, que la Flotte n’en reçut pas le moindre dommage {d). Les Croisésdéclarèrent la guerre à Alexis, les Grecs se soulevèrent contre lui, & Ale-i-ìs Ducas, surnommé Mursuffle profita de i’occation pour se saisir de l’Em-pereur, l’étrangla de ses propres mains, L se fit proclamer Empereur.
Cette révolution anima les Croisés, qui au second assaut emporterent Con-stantinople, se saisirent des Palais & des Châteaux, firent un butin immen-so A pensèrent ensuite à s’assurer leur conquête. Avant 1 attaque, il s’étoitfait un Traité entre les François & les Vénitiens, par lequel il fut réglé
(a) Giannone I. c. p,
(b) Le môme p. 453(0 Viile-hardouin n.
449- 452. LXXV, § X IVJIÏ,
f ? 4 ' (.à; Laugier Hist, de Venise T. II- P- 246.
45 a p. Fkun L.
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