176 HISTOIRE GENERALE
Section communié. I! assembla ensuite une Diete à Nordhuisen , sur les frort-
V- titres de la Thuringe & de la Saxe, où les Légats se trouvèrent. O-
Italie de- l h° n » qui étoit revenu d’Angleterre, se tenoit dans un Château du voi-puùì’an S ’ fixage. Les Légats, secondés du Patriarches d’Aquilée & de quelques1138 jus. Princes, travaillèrent à raccommodement entre les deux Rois , mais ilsqu à l'an ne purent en venir à bout. Ils allerent donc en Saxe ; Philippe fut reçu
126g ’ dans Kutilinberg, & Othon demeura dans son Château; ce fut là que la
' paix fut conclue , à condition que Philippe donneroit sa fille à Othon
en mariage, & qu’il seroit le successeur de ce Prince (a), D’autres Au-teurs disent, qu’on ne put conclure qu’une trêve d’un an. Mais il estnaturel de s’en rapporter à T Abbé d’Ufperg , Auteur contemporain.Philippe ne jouit pas longtems de la paix & de l’Empire ; l’année sui-vante étant venu à Bamberg, il fut assassiné par Othon de WittelspachComte Palatin de Bavière. II avoit promis fa fille à ce Prince & lui avoitmanqué de parole; le Comte chercha à s’en venger; tandis que Philipperepofoit s’étant fait saigner des deux bras,Othon entra & aiant pris l’épéed’un des Officiers il frappa le Roi à la gorge & le tua, le 22 de Juin 1208 (b).Démêlés Jusques ici nous avons vu qu’ínnocent III. ne négligeoit aucune occa-tntrek P a- fion d’écendre les bornes de son autorité, & qu’il marchoit assez bien suríf &M ean j es traces de Grégoire VII. en prétendant se faire obéir par les Rois. II engleterre™' donna des preuves particulières à Jean Roi d’Angleterre. Dès l’an 1200,S ’ il avoit déja fait un essai de son pouvoir, en désapprouvant le Traité queJean avoit fait avec Philippe-Auguste, par lequel il s’engageoit à ne don-ner aucun secours à Othon élu Roi des Romains. Le Pape, suivant tou-jours son plan, prétendit en 1203 se constituer arbitre de la paix entre lesdeux mêmes Monarques. La guerre s’étoit rallumée à l’occasion de la mortd’Artus ou Artur Duc de Bretagne, neveu de Jean, qui fut accusé de s’enêtre défait. Les Bretons aiant demandé justice au Roi de France, il fitciter Jean à la Cour des Pairs,& comme il ne comparut point, il fut con-damné & ses Terres en France furent confisquées. La guerre se ralluma,& Philippe-Auguste fit de grandes conquêtes en Normandie. Le Pape en-voya alors un Légat pour obliger les deux Rois à faire la paix ; le Légatne trouva pas le Roi de France fort disposé à la faire, & le Pape écrivitaux deux Rois, mais inutilement ; Philippe-Auguste surtout n’étoit pasd’humeur à déroger aux droits de fa couronne. Le Légat assembla un Con-cile à Meaux ; les Evêques de France en appellerent au Pape; quelques-uns se rendirent à Rome; mais personne n’y aiant paru pour le Roi d’An-gleterre , l’affaire en resta-là. Ce ne fut là que le prélude de ce que Jeanavoit à attendre du Pape. L’Archevêque de Cantorberi mourut en 1205,& quelques- uns des Moines élurent secrètement pour le remplacer RéginaldleurSouprieur,à l’insu du Roi, & le firent partir pour Rome, afin de faireconfirmer son élection par le Pape. Le Roi l’aiant appris, accorda au corpsdes Moines de Cantorberi. la permission d'élire un Archevêque , &leur recommanda l’Evêque de Norwich , qui fut élu unanimement. LesMoines envoyerent des Députés à Rome, & le Pape , après avoir en-tendu les parties, cassa les deux élections, & obligea les Moines qui étoienç
(a) Ab b, Usperg. (&) Le même,