HISTOIRE GENERALE
Esctios ment, il entra dans la ville le Vendredi Saint accompagné de quelques Sei-
vi. prieurs, en habits de Pèlerins, & alla voir les principaux Edifices & 1 £SI rf t °lï e de Eglises. Deux jours aprés il y entra en cérémonie, & fut reçu avec depJsl’au^ grandes démonstrations de joie. Le Cardinal Bertrandi le couronna, 6s1269 jus- même que l’Impératrice. Le même jour il forcit de Rome, selon sa pro*qu’à t' on messe, & refusa d’en accepter le gouvernement que les Romains lui oífr 1 *13i 2. rent> Cette action & toute fa conduite firent voirqu’il renonçoit à tous l eS' droits de l’Empire en Italie, ce qui le rendit íì méprisable aux Italiens»
qu on lui fit mille affronts partout à son retour, jusques-là qu’à Pise estpensa le brûler dans son logis, & qu’il eut bien de la peine à se sauver decette ville, après y avoir laissé plusieurs des liens massacrés par la pope*lace. La plupart des villes lui fermerent les portes, & il fut contraint d’at-tendre deux heures à celles de Cremone la réponse du Magistrat, qu 1voulut bien enfin lui faire la grâce de le laisser entrer dans la ville com-me un simple étranger, fans fuite & fans armes, & d’y demeurer feule-ment un jour (a). A Sienne il eut une longue conférence avec le Légtfdu Pape, & au lieu d’accepter les offres des Gibelins, il laissa au Lég 3tquelques troupes pour achever de les réduire. Enfin après s’être déshonoré»il retourna en Allemagne avec environ deux mille hommes ( b ).
Continua Tandis que l’Empereur s’aviiissoit de cette façon en Italie, la grandetiondes Compagnie, d’Ancone choisit pour son chef le Comte di Lando, en I 3troubles en pj ace à Momie. Après avoir été quelques mois au service des villes deta ls ‘ Lombardie, ces Bandits entrerent dans la Romagne, & demanderent unecontribution de trente mille florins d’or ; on les engagea de se contenterde douze mille, & ils retournèrent dans la Marche d’Ancone. Ils envoyè-rent delà demander une contribution de quarante mille florins d’or à LouisRoi de Naples. Sur le refus de ce Prince, ils entrerent dans ses Etats»prirent Pefcara, Villefranche & San Fabiano, menacèrent de se joindreau Duc de Duras, qui s etoit révolté K c). Ils continuèrent à ravager I eRoyaume de Naples; tandis que Bernabéòc Galéas Visconti, ayant empoi'sonné leur frets aîné, fesoient toujours la guerre aux autres Seigneur*& Etats de Lombardie. Cependant le Légat Gilles d’Albornos reprit tou-tes les villes du patrimoine de l’Eg'ise, qui avoient été occupées par diverstìrans, à la réserve de Forli & de Faënza, que tenoient Ibançois Orde-lafe, Jean & Richard Manfred. Le Légat les excommunia , 6 c les con-damna comme hérétiques, il publia même la croisade contre eux, avc°•les mêmes indulgences dont jouissaient ceux qui fesoient la guerre a uXinfidèles. II grossit par ce moyen son armée, & obligea bientôt les deu*Manfred de fe rendre; mais Ordeiafe continua dans fa révolte, «Si p atmépris pour les censures prononcées contre lui, il fit faire des imag eSdu Pape & des Cardinaux qu’il excommunia. Aiant fait prisonniers quel-
ques-uns des croues, n ìeur nc imprimer une croix iur la plante des pieu-,avec un fer rouge. Les Visconti l’excitoient, parcequ’iîs étoient jaloux 6 eJa puissance du Légat. Bernabo Visconti fit mêm; arrêter le prêtre que ,
(a) Maimieurg Décad. de î’Emp. L. VI.p. m. 635.
(Jb) M. Fitlani L. V. C, 14, 15,20, 29.
40, 58, 79-
0 ) Le infime, L. IV. C. 15, r9» í3í