274 HISTOIRE GENERALE
Section 1357 en Allemagne l’Evéque de Cavaillon, pour lever le dixieme denier deVI. tous les revenus ecclésiastiques au profic de la Chambre Apostolique. Led’halle de- de Treves, de Maience & de Cologne refusa ce subside extraordi-
puh‘í’an naire. En 1359 l’Empereur Charles IV. convoqua au sujet de cette de-1 69' jus- mande du Pape tous les Princes de l’Empire à Maience. L’Empereur &qu’à t’an ] es Princes déclarèrent au Nonce, que le Clergé ne pouvoit donner un tell378 ‘ subside, & en même tems il dit au Nonce avec quelque émotion j Seigneur
fu'è au Pa- Evêque, d’où vient que le Pape demande tant d’argent au Clergé & ne
p en Ms~ songe point à le réformer? Ensuite, s’adressant à l’Árchevêque de Maien--magne. ce, il lui ordonna de réformer son Óergé selon les canons, & quant aux1359 - rebelles & aux desobéissans, vous saisirez les fruits de leurs bénéfices, pour
être appliqués à notre fisc (a). Le Pape aiant appris par le retour du
Nonce le peu de succès de fa négociation, ne voulut pas en avoir entiere-ment le démenti. II envoya des Nonces presque par toute l'Allemagneavec ordre de recueillir la moitié du revenu de tous les bénéfices vacansalors, & qui vaqueraient pendant deux ans, & de les réserver pour le pro-fit de la Chambre Apostolique, L’Empereur qui vouloit tout de bon re-médier au dérèglement du Clergé d’Allemagne, écrivit aux Prélats, mena-çant de faire mettre en séquestre les revenus ecclésiastiques. Le Pape luiécrivit à cette occasion ; en louant son zele, il l’exhorta à ne point donneratteinte à la liberté ecclésiastique, à s’abstenir de ces menaces de séques-tre, & si elles ont eu quelque effet, de le réparer, & à se borner à exci-ter les Prélats à faire leur devoir. Innocent écrivit austi à plusieurs Ar-chevêques d’Allemagne, leur ordonnant de veiller fur les mœurs de leurClergé & d’en réprimer les désordres. L’Empereur de son côté publia uneConstitution, par laquelle il annulloit tous les réglemens faits au préjudicedes Ecclésiastiques, leur accordant à titre de privilèges diverses exemptions»incompatibles avec le bien de la Société Civile (b). Charles IV. se íiatantque cette condescendance rendrait le Pape complaisant, lui demanda de ré-voquer quelques - unes des Clémentines, qui étoient contraires à l’honneurde l’Empire. Mais il connoissoit mal la Cour de Rome, qui ne cede ja-mais rien de ce qu’elle a usurpé. Innocent répondit, que ces pieces fe*soient partie du Droit Canon, & qu’on les enseignoit publiquement dansles Ecoles, ensorte qu’il ne pouvoit les révoquer (c),f ah entre Androin, Abbé de Clugni, étant revenu d’Italie , le Pape renvoya\ france Légat pour travailler à la paix entre les Rois de France & d’Angleter-H y réufïlc par ie Traité de Bretigni, conclu le 8 de Mai 1360. EeRoi de France, prisonnier depuis quatre ans en Angleterre , obtint faliberté, moyennant une rançon de trois millions d’écus d’or. Mais commele Royaume étoic épuisé par une longue & ruineuse guerre , i! fallut ern-ploier toute sorte d’expédiens pour trouver de l’argent. Ce fut ce qui dé-termina le Roi à faire épouser Isabelle sa fille à Jean Galéas Vifconti, ponísix-cens mille écus d or. Pendant que Jean Galéas élevoic ainíì fa fami^par une alliance austi illustre, son frere Barnabé ailiegeoit Boulogne, donÇle Légat Aìbornos s’étoit emparé, malgré le Traité que fonde des Vifcod 1
terre, UJuite destffairesi'Italie.
136O.
(a) Fleuri L. ^CVI. § 33,(Jb) Le même J 39*
(c) Raynald. ad ann. 1359.