D’I T A L ï E. Liv. XXIV. C H. I. , , Z07ïesle de la Chrétienté reconnoissoit Alexandre V. Grégoire avoir été obli* Sktioxgé de se sauver déguisé, & s’étoit retiré à Gayette fous la protection deLadiílas. , d’Italie
Pendant qu’Alexandre étoit encore à Pise, il fulmina une bulle d excom- durant j ewunication contre Ladiílas, datée du premier de Novembre. Sur la fin de grandce mois il parfit de Pise, où la peste étoit, & se rendit à Pistoye, où il passaune partie de l’hiver. Ce fut là qu’il apprit la victoire de Louis d’Anjou a Ucci:íerX ‘fur les troupes de Ladiílas & la délivrance de Rome. Nous avons déja vu Alexandreplus haut que les Florentins & les Siennois s’étoient ligués en faveur de v. ucm.Louis; plusieurs Princes d’Italie s’unirent à la Ligue , qui avoit plusieurs vreCapitaines distingués. Rome d’autre part étoit défendue par la P actionGibeline, par les Colonnes & le Comte de 1 roye, partisans de Ladiílas.
■La Ligue avoit de sécrétés intelligences avec un des principaux Citoyensde Rome, nommé Lelio, qui avoit beaucoup de crédit parmi le peuple.
Le Légat s’avança d’abord avec les troupes de Louis d’Anjou, des Floren-tins à des Siennois dans cette partie de la Toscane , qu’on appelle le Pa-trimoine de St. Pierre, & en reprit toutes les places. Delà il marchadroit à Rome & joignit Paul des Ursins, qui n’en étoit pas éloigné. Ma-Ltesta, Général des Florentins, par une ruse de guerre, s’éloigna avec sestroupes, pour attirer les gens de Ladiílas. Le Comte de T.roye fit alorsune sortie contre Paul des Ursins ; mais il fut si vigoureusement repousséjusques dans Rome, qu’il fut obligé de se sauver en habit déguisé, pour sedérober à la fureur des Romains que Lelio avoit soulevés. Ainsi au com-t^nçement de Janvier 1410 , le Légat se rendit maître de Rome, à lafaveur de Paul des Ursins ; il y fit recevoir Louis d’Anjou, & assura laPossession de cette Capitale à Alexandre V (a).
Si ce Pape avoit profité de ces favorables conjonctures, il se seroit vu II va à B»-Maître dans Rome. Mais Balthasar Cossa, Cardinal de S. Eustache & Lé- & ïgat de Bologne, où il étoit tout puissant, lui persuada de venir dans cette mville, parcequ’il espéroit que la mort d’Alexandre V. qui étoit vieux &infirme, l’éleveroic au Pontificat. Les Romains envoyerent alors des Am-bassadeurs au Pape, qui lui apportèrent les clés de leur ville & toutes lesmarques de la Dignité Pontificale , le suppliant instamment de venir sansdelai en prendre possession. Mais Balthasar n’avoit garde de le laisseréchaper ; il le retint sous divers prétextes, ensorte que le Pape donnal’administration de l’Eglise & de la ville de Rome à Pierre Ferdinand dePrias, Cardinal de Sainte Praxede, avec le pouvoir de dégager les Ro-mains du ferment qu’ils avoient prêté à Grégoire & à Ladiílas. Commece dernier fesoit de grands préparatifs contre Louis d’Anjou, Alexandre .eut recours aux Florentins pour soutenir Louis. Ils le secondèrent en effetvigoureusement & en reçurent de grandes louanges & divers avantages.
L impatience qu’on attribue généralement à Cossa pour le Pontificat, futbientôt satisfaite puisqu’Alexandre mourut à Bologne le 3 de Mai 1410 ,d 2ns le onzième mois de son Pontificat. Divers Historiens contemporainstémoignent que le bruit commun étoit, que Balthasar l’avoit empoisonné (b ).
Niem I. c. Pogg. Hist. Florent, p. fant ubi sup. p. 322.
Vit. Joann, 2 CX.UÎ. C. 16. ap, Len- (b) L:nfmî p. 327.
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