SSCTÎOM
VII.Histoired’Italiedurant legrandSchismed’ Occident.
Arrivéede VEmpe-reur,
Légats deBenoitde Grégoi-re.
1415 .
Jean
XXIII. ac-cusé de di-vers tri-mes.
ZI2 HISTOIRE GENERALE
Le 28 de Novembre, les Cardinaux à ^instigation de ses ennemis, le firentarrêter, & il fur conduit chez le Chantre de la Cathédrale, où on l’en-.ferma fous bonne garde , & le confia aux foins de l’Evêque de Lausanne*Jean Hus demeura huit jours chez le Chantre, d’où on le mena en prisonau Monastère des Dominicains, où il tomba dangereusement malade. JeandeChlum Seigneur de Bohême, ayant écrit à l’Empereur Femprisonnementde Hus, ce Prince envoya ordre exprès à ses Ambassadeurs de le faire in-cessamment élargir. Le Pape s’y s’opposa & Hus resta en prison (a).
Dans ces entrefaites Sigismond fut couronné à Aix-la-Chapelle, & l" emit d’abord en chemin pour Constance. II y entra le jour de Noël degrand matin accompagné de plusieurs personnes du premier rang, <St apte®s’être reposé, il se rendit â la Cathédrale, où le Pape , qui Fy attendoítcélébra la Messe pontificalement , assisté par FEmpereur qui étoít en habitde Diacre. Comme la seconde Seffion ne s’étoit pas tenue le 17 de Dé-cembre, FEmpereur fit assembler une Congrégation générale le 29 du mêmpmois. Là ce Prince rendit compte de ses négociations avec les deux Anti-papes, & régla ce qui étoit nécessaire pour la fureté & la subsistance de cettemultitude d’étrangers qui se trouvoient à Constance, & qu’on fait monterà plus de cent mille (b). A la réquisition des Commissaires dans les causerde Religion, il déclara que le Concile étoit libre de proceder dans les ma-tières de foi, laissant ainsi Jean Hus exposé au ressentiment de ses ennemis,au mépris du saufconduìt qu’il lui avoìt accordé. Naucler rapporte, qu’onpersuada à Sigismond qu’il ne pourroit pas être accusé d’avoir manqué à frparole, parceque le Concile, qui est au dessus de FEmpereur, n’ayantpoint donné de sauf-conduit à Jean Hus, il n’avoit pas été en droit de frien accorder un, fans le consentement du Concile, surtout dans des matiè-res de foi, & que FEmpereur acquiesça à cette décision, comme un bonenfant de l’Eglise (c). Quelques Auteurs ont prétendu que Jean Husavoit voulu prendre la fuite au mois de Mars 1415 ck qu’il s’étoit cachedans un chariot, qui devoit aller chercher du foin dans un village. Maisce fait a été solidement réfuté par M. Lenfant (d).
Les Légats de Benoit XIII. & de Grégoire XII, arrivèrent dans le moisde Janvier 1415, Sssurent reçus, après quelques débats, avec le caractère &les honneurs qu’ils demandoient. Ceux de Benoit déclarèrent seulement, qu’ilétoit prêt à se rendre à Nice 'pour s’aboucher avec FEmpereur & le Roid’Arragon. Ceux de Grégoire produisirent une bulle, par laquelle il de-claroit être prêt à renoncer au Pontificat pour le bien de la paix, moyennantla cesson de ses deux Concurrens. Ils demanderent encore que Jean XXlU'ne présidât pas au Concile (s).
Depuis Farrivée de FEmpereur on tint plusieurs Congrégations, & il frrdécidé malgré Jean XXIII. qu’on admettroit au Concile les Députés Sécu-liers des Rois & des Princes,des Républiques,des Universités (k de toutesles Communautés ; & que dans les Lestions publiques, on opineroit par Na-tions & non par personnes. Ce fut à peu près dans ce tems-là qu’on p^'
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fa) Le môme p. 33, 57 59 & luiv. T. I. p. 8 e.
(b) Von áer Hardt 'l'. V.P.II, p. 12,50. (d) ubi sup. p. gg, go.
ap Eund, p. 82. (0 Le même p. 99.
(c) L enfant iíist, du Conc.de Constance