D’I T A L I E. Liv. XXIV. C h. I. 503
thiopie & de Perse pour les exciter à prendre les armes contre les Tares.Ses sollicitations furent infructueuses auprès des Princes Chrétiens, & leRoi de Perse ne jugea pas à-propos de rompre avec le Grand Seigneur,disant que ce n’étoit pas une affaire de grande importance d’avoir pris quel-ques vaisseaux, tandis que l’ennemi avoit encore des bois, pour en faireconstruire de nouveaux.
Le Pape ne se découragea point, & continua à faire de grands prépara-tifs contre les Infidèles, mais il n’eût pas le tems d’en faire usage. Dès lecommencement de Tannée 1572, il fut attaqué d’une fievre lente. Lesdouleurs d’une colique néphrétique, dont il étoit attaqué depuis plusieursannées, redoublèrent si considérablement dans le mois de Mars, que lestemedes devinrent inutiles. En-vain eut-il recours au lait d’aneffe, sonremede ordinaire , il tomba dans une fievre aiguë & pendant quelque temson le crut mort. 11 reprit néanmoins ses forces, & le jour de Pâques ilvoulut donner fa bénédiction au peuple, après avoir visité peu auparavantles sept Eglises de Rome, & fait à pied une grande partie du chemin.S’étant alors déchargé du foin des affaires, il se prépara à la mort, Ôc ex-pira le premier de Mai, âgé de soixance-huit ans (a). Quelque pieuse qu’eûtété la vie de ce Pontife, le peuple ne laissa pas de se réjouir de sa mort, àcause de la sévérité de ses mœurs , & des rigueurs qu’il fesoic exercer parTinquisition. On dit (b) , que le Sultan Selirn, qui le regardait comme leplus terrible ennemi de la puissance Ottomane, en fit faire des rejouissan»ces publiques à Constantinople pendant trois jours. La sainteté de sa vie Tarendu célébré ; il étoit exempt d’avarice & de tout intérêt sordide, & ne son-gea jamais à enrichir fa famille. Cependant fa négligence, un abord difficilepour ceux qui avoient des plaintes à faire, un manque ^application auxaffaires de l’Etat, où il n’entendoit rien, laissèrent un champ libre à l’infa-tìable avidité de ceux qu’il éleva aux premiers emplois (r). D’ailleurs il fitplusieurs écablissemens pieux, L eut grand soin des pauvres.
Le 13 de Mai les Cardinaux au nombre de cinquar/ce-deux entrerent dansle Conclave, & dès le lendemain élurent d’une voix unanime Hugues Buon-compagno, Cardinal de Sr. Sixte, qui prit le nom de Grégoire Xíli. Arut couronne îe 25 , jour de la Pentecôte. Ce Pape étoit né à Bologne en1502 dune honnête famille; il s’appliqua à Tétude du Droit sous les plushabi.es Maîtres de ce tems-là & suc reçu Docteur à l’â /e de vingt huit ans*Il devint ensuite Professeur dans fUniveríité de Bologne. En 1539 il allaà Rome, où il obtint des emplois. Sous Pau] II[.°il alla au Concile deTrente, en qualité de Jurisconsulte. Paul IV. le fit Evêque de Vcslj;PieIV. Tenvoya une seconde fois au Concile de Trente; à son retour ce Papele créa Cardinal & Tenvoya Légat en Espagne (d).
Dès que Grégoire XIIÍ. fut fur le Saint Siégé, il témoigna un grand deíìr de continuer la guerre contre íes Turcs, & ratifia tous les engagement,de son prédécesseur relativement à la Ligue; il envoya des Nonces aux Prin-ces Chrétiens pour les engager à se réunir contre les Infidèles. Don Jeand’Autriche étoit h Messine, & on le sollicita de joindre les Vénitiens à
SECTIOK
X.
Histoirei'ìtalie de-puis l'an1564 jus-qu'à l'an162Z.
Mort dePie V.1572
EleBion de
Grégoire
XIII.
I Autriche étoit
(«) De Thon f- LI. & aï.
<J>) Contai, de fleuri i. c. p.
Son zdt àpousser laguerre con•ire ItsTurcs.
ixr.
(c) De Thon I. c.
00 Cône, de fleuri I. c, p. rr4, n 5 .
Rrr 3