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32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
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S âS HISTOIRE GENERALE

Scctios qu’il avoit amassées, & qu’il destinoit à la réunion du royaume de Naplesau S. Siégé, en cas que Philippe vint à mourir. D’ailleurs il craignoit q usâ'italis * e ^oi d’Espagne ne devint trop puissant. Le Duc de Luxembourg lui se-depuis l’m soit auílï espérer que Henri IV. se feroit bientôt Catholique, & lui disoir/“/- que du reste son parti étoit si puissant,que c’étoit perdre de l’argent à plîû-i 6 z/ an ^ r ’ q ue de lui vouloir faire la guerre. Aussi desapprouva-t-il la conduite23 ‘ du Légat, qui s’étoit déclaré hautement pour les Ligueurs, A qui leur don»na cinquante mille écus d’or après la perte de la bataille d’Ivri (a).Maladies Quelque attention que le Pape donnât aux affaires de France, il ne né*mort du gligeoit pas celles d’Italie, & particulièrement son projet favori fur le ro-Sixte yaume de Naples. II mit neuf galères en mer, donna ordre de faire de*”* levées, & fit fortifier Civita-Vecchia. Le Viceroi de Naples de son côtéfit marcher quatre mille hommes vers les frontières, sous prétexte de don-ner la chasse aux bandits, mais réellement pour s’opposer aux desseins dcSixte (S). Quatre mois avant qu’il mourût, il se sentit attaqué d'unsdouleur de tête ; il se persuada qu’elle ne venoit que de sa trop grandsapplication au travail. II n’interrompit pourtant point ses occupations or-dinaires , & répétoít souvent les paroles de Vespasien qu’il faut qu’ustPrince meure debout, c’est-à-dire en travaillant pour le bien de son Etatjusqu’au dernier moment. Le 20 d 1 Août, il eut un violent accès de fievre»& deux jours après un autre. Le lendemain il assista à la Congrégation duSaint Office. Son mal augmenta tellement qu’on lui donna l’Extrême Onc-tion & il mourut le 25, le 27 ou le 29 d’Août, car je trouve ces diverse*dates marquées. II étoit âgé de près de soixante-dix ans, & dans la sixiè-me année de son Pontificat. Dès qu’il fut mort le peuple courut au Capi-tale pour briser la statue qu’on y avoit érigée de son vivant, ce qui donnalieu à un Décret du Sénat, qui défendit d’ériger à l’avenir de statue à unPape pendant sa vie (c). On soupçonna les Espagnols de savoir fait em-poisonner (d).

&tmSere Nonobstant les immenses dépenses qu’il avoit faites en bâtimens & Si!4 e ct Faim. d’autres ouvrages, il laissa cinq millions d’or dans le trésor, & défendit d’ytoucher sinon dans des cas de nécessité. Ce qui Je mit en état d’accuraulertant de richesses, c’est que vivant comme un simple particulier, il réformafa table & fa maison ; il augmenta les impôts & vendit toutes les charges»même celles qui ne s’étoient jamais vendues. II pourvut à l’abondance de*vivres, & il y destina deux-cens mille écus de ses épargnes annuelles ; exhor-tant ses successeurs à en agir de même, & à augmenter cette somme, pl<*'tôt que de la diminuer. D’autre part il avoit tellement arrêté le cours dsla violence & de l’injustice, que le Gouverneur de Rome lui dit un jour ,que tous les Juges de ses Etats étoient fans occupation, mais Sixte qui n e *toit pas persuadé de la durée de ce changement, lui répondit. Je fuis con‘vaincu que les Romains retomberont dans leurs désordres fous un autre Pontifié’II étoit infatigable pour le travail, & toutes les affaires depuis les moindre*jusqu’aux plus grandes lui passaient par les mains. Ce travail qui l’ép ul "soit étoit la cause de son grand appétit, car il mangeait & beuvoit bsau-

(«) Le même. (c) De Thou L. C.

(b) Gicmrmc Hiít de Nuplcs L. XXXIV. (ch Coût. de Fleuri T. XXXVI. ?-

Ch. 5. 2g$.