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32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
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DI T A L I E. Liv. XXIV. Cil. I. 545

tendoît pas que les Ecclésiastiques fussent indépendans des tribunaux civils. SectionI l avoit fait exécuter un Moine de lOrdre de St. Augustin, qui avoitporté la brutalité jusquà violer une fille donze ans, & qui pour cacher ceAAâeàcrime lavoit inhumainement massacrée. Le Conseil des dix avoit fait ar- pâsi'anrêter & jetter dans les cachots un Chanoine & un Abbé, convaincus de cri 1564 M-mes énormes. Dailleurs le Sénat avoit porté il y avoit trois ans un Décret, qu'h lan

par lequel il étoit défendu aux Ecclésiastiques & aux Laïques de bâtir des l623 ' _

Eglises, des Monastères ou des Hôpitaux, fans la permission de la Sei- avK la . Ri .gneurie. Par un autre décret, on défendoit à lavenir toute aliénation publique dzde biens en faveur des gens dEglise, sans le consentement du Sénat. Le Venifr.Pape sen plaignit à lAmbassadeur de la République, & prétendit que cenouveau décret fût aboli. L'Ambassadeur en ayant rendu compte au Sé-nat , reçut de nouvelles instructions , & dans une audience qu'il eut auMois de Novembre, il exposa au Pape les raisons du Sénat & les appuya pardes exemples. Paul V. persista, & enfin se borna à trois chefs fur lefquàil demandoit satisfaction ; la défense de bâtir des Eglises fans la permissiondu Sénat, celle daliéner les biens laïcs en faveur des Ecclésiastiques, & lesprocédures contre le Chanoine & lAbbé prisonniers. Quelques Cardinauxtravaillèrent à accommoder le différend,mais la plupart des autres ne cher-choient' quà aigrir les esprits, & à engager le Pape dans une fâcheuse af-faire , qui lui causât assez de chagrin pour le conduire au tombeau. Le Sénatrépondit le premier de Décembre, quil ne pouvoit rendre les deux pri-sonniers légitimement arrêtés, ni révoquer les loix justement établies, fansPréjudicier à lautorité souveraine que la République avoit reçue de Dieu.

Le Pape envoya alors deux Brefs à son Nonce à Venise pour Jes présenter.Cependant le Sénat résolut denvoyer en qualité dAmbassadeur extraordi-naire à Rome Léonard Donato. Cette résolution engagea le Nonce duPape à ne point présenter les Brefs, quil neut reçu de nouveaux ordres.

La mort du Doge Grimani y mît obstacle. Léonard Donato ayant été éluen fa place le 10 de Janvier 1606, on nomma pour lAmbassade de Rome i6c&Pierre Duedo & ensuite on procéda à louverture des Brefs du Pape. Pare que s 1 annulloic les Décrets du Sénat, & demandoit quon lui remit lesdeux Ecclésiastiques prisonniers. Le Sénat soutint les droits de lautoritésouveraine avecfermete & le Pape sopìniâtra dans ses prétentions. Duedo,arrive a Rome ne put rien gagner fur linflexible Pontife , non plus quedeux Cardinaux Vénitiens par leurs représentations (a).

Le Pape publia dans le Consistoire le 17 dAvril une Sentence ou Moni -Le Papertoire, il annulloit les décrets en question, & dès le moment de la pu- cmn'«»«blication jettoit linterdit surtout lEtat, sur le Doge & le Sénat présent ìa liè ï uUU& avenir, si dans vingt quatre jours la République ne révoquoit ses décrets î!<íne remettoit les deux Ecclésiastiques prisonniers entre les mains du Nonce.

Le Monìtoire fut affiché à Rome dans les endroits ordinaires, & on enrépandit une infinité de copies en Latin & en Italien. Tous les Mi-nistres étrangers qui étoient à Rome désapprouvèrent le procédé du Pa-pe. On publia de part & dautre quantité dEcrits dont on peut voir la^

Notice dans M. de Thou (b). Le Sénat fit défense à tous les sujets do-

(?) D- Thou Liv. CXXXVIT. (b) Le même-