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tendoît pas que les Ecclésiastiques fussent indépendans des tribunaux civils. SectionI l avoit fait exécuter un Moine de l’Ordre de St. Augustin, qui avoitporté la brutalité jusqu’à violer une fille d’onze ans, & qui pour cacher ceAAâeàcrime l’avoit inhumainement massacrée. Le Conseil des dix avoit fait ar- pâsi'anrêter & jetter dans les cachots un Chanoine & un Abbé, convaincus de cri 1564 M-mes énormes. D’ailleurs le Sénat avoit porté il y avoit trois ans un Décret, qu'h l’an
par lequel il étoit défendu aux Ecclésiastiques & aux Laïques de bâtir des l623 ' _
Eglises, des Monastères ou des Hôpitaux, fans la permission de la Sei- avK la . Ri .gneurie. Par un autre décret, on défendoit à l’avenir toute aliénation publique dzde biens en faveur des gens d’Eglise, sans le consentement du Sénat. Le Venifr.Pape s’en plaignit à l’Ambassadeur de la République, & prétendit que cenouveau décret fût aboli. L'Ambassadeur en ayant rendu compte au Sé-nat , reçut de nouvelles instructions , & dans une audience qu'il eut auMois de Novembre, il exposa au Pape les raisons du Sénat & les appuya pardes exemples. Paul V. persista, & enfin se borna à trois chefs fur lefquàil demandoit satisfaction ; la défense de bâtir des Eglises fans la permissiondu Sénat, celle d’aliéner les biens laïcs en faveur des Ecclésiastiques, & lesprocédures contre le Chanoine & l’Abbé prisonniers. Quelques Cardinauxtravaillèrent à accommoder le différend,mais la plupart des autres ne cher-choient' qu’à aigrir les esprits, & à engager le Pape dans une fâcheuse af-faire , qui lui causât assez de chagrin pour le conduire au tombeau. Le Sénatrépondit le premier de Décembre, qu’il ne pouvoit rendre les deux pri-sonniers légitimement arrêtés, ni révoquer les loix justement établies, fansPréjudicier à l’autorité souveraine que la République avoit reçue de Dieu.
Le Pape envoya alors deux Brefs à son Nonce à Venise pour Jes présenter.Cependant le Sénat résolut d’envoyer en qualité d’Ambassadeur extraordi-naire à Rome Léonard Donato. Cette résolution engagea le Nonce duPape à ne point présenter les Brefs, qu’il n’eut reçu de nouveaux ordres.
La mort du Doge Grimani y mît obstacle. Léonard Donato ayant été éluen fa place le 10 de Janvier 1606, on nomma pour l’Ambassade de Rome i6c&Pierre Duedo & ensuite on procéda à l’ouverture des Brefs du Pape. Pare que s 1 annulloic les Décrets du Sénat, & demandoit qu’on lui remit lesdeux Ecclésiastiques prisonniers. Le Sénat soutint les droits de l’autoritésouveraine avecfermete & le Pape s’opìniâtra dans ses prétentions. Duedo,arrive a Rome ne put rien gagner fur l’inflexible Pontife , non plus quedeux Cardinaux Vénitiens par leurs représentations (a).
Le Pape publia dans le Consistoire le 17 d’Avril une Sentence ou Moni -Le Papertoire, où il annulloit les décrets en question, & dès le moment de la pu- cmn ™'«»«blication jettoit l’interdit surtout l’Etat, sur le Doge & le Sénat présent ìa liè ï uUU& avenir, si dans vingt quatre jours la République ne révoquoit ses décrets î!<í ‘ne remettoit les deux Ecclésiastiques prisonniers entre les mains du Nonce.
Le Monìtoire fut affiché à Rome dans les endroits ordinaires, & on enrépandit une infinité de copies en Latin & en Italien. Tous les Mi-nistres étrangers qui étoient à Rome désapprouvèrent le procédé du Pa-pe. On publia de part & d’autre quantité d’Ecrits dont on peut voir la^
Notice dans M. de Thou (b). Le Sénat fit défense à tous les sujets d’o-
(?) D- Thou Liv. CXXXVIT. (b) Le même-