Buch 
32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
Seite
546
JPEG-Download
 

54 HISTOIRE 'GENERALE

Section béir au Moratoire du Pape,& particulièrementaux Ecclésiastiques. PresqueX. tous les Prélats obéirent à leurs Souverains , de même que les ReligieuxHistoire ^es anciens Ordres. Mais les Jésuites ayant voulu garder linterdit, eurentfuis Van S ordre de sortir des terres de la République. Comme après leur départ*15(54;'/- Hs intriguèrent par tout contre la République , le Sénat rendit le 14 dequàVan Juin un Décret par lequel ils furent bannis pour jamais de Venise. Lesl6a3 ' Capucins, les Recollets & les Théatins suivirent les Jésuites & se retsrerent.

On arme it Les Vénitiens jugèrent sagement quils dévoient se tenir sur leurs gar-part b des. Us équipperent vingt-cinq galères, prirent huit mille Grisons ad autre. j eur solde, & firent avancer des troupes fur les frontières du Milaslés.

Le Pape de son côté aíiembloit des troupes dans lOmbrie, dont il donnale commandement, général à Ranuce Duc de Parme. Cependant le R 01de France tâchoit de ménager des voies daccommodement. LAmbassa*deur de France à Venise pressa le Sénat daccepter la médiation de souMaître, mais on lui répondit, quil étoit impossible douvrir la voie à unaccommodement, tandis que le Pape persisteroit à ne révoquer point lescensures. Cependant on négocioit toujours tant à Rome que. dans lesCours étrangères. Le Pape sollicita le Roi dEspagne de lui donner un se*cours de troupes, & ce Prince lui offrit toutes ses forces. Mais en mêmetems, ses Ministres proposèrent au Nonce du Pape /affranchir le royau-me de Naples de la mouvance du St. Siégé, de laisser entrer leurs troupesdans Ferrare & leur Flotte dans le port dAncone , en reconnoissance desgrands services que la couronne dEspagne avoit dessein de lui rendre.Malgré cela, Philippe III. fit offrir sa médiation au Sénat, mais elle nefut pas acceptée aux termes que lAmbassadeur dEspagne proposa. Celuide France agit de son côté, mais le Sénat persista à faire lever avant tousles Censures.

Nêgerfa- Cependant la République travailla à /assurer des secours, en cas q uetions fur' la rupture dégénérât en une guerre ouverte. Jaques I. Roi d'Angleterrecetteaffai- g £ di re au sénat que son dessein étoit de les aider de tout son pouvoir*Les Etats Généraux des Provinces - Unies lui offrirent leur amitié & le urassistance. Le Grand Seigneur même offrit à la République dunir ses f° r 'ces à celles de Venise, contre les Espagnols & le Pape. Cependant l'Am-bassadeur de France présenta au Sénat une Lettre du Roi , pour rengagésà lui déclarer ce quil croyoit pouvoir accorder, & lAmbassadeur prop° adivers expédions. Le Sénat répondit, quil ne pouvoit se relâcher qua nCaux Loix, mais que quand le Roi auroit la parole du Pape pour lever tota-lement les censures, la République promettoit de remettre les deux prison-niers à fa Majesté. LAixbassadeur dEspagne proposa auífi de suspendsles Loix en question par considération pour le Roi son Maître , ce tso 1étoit une complaisance sans danger. Tandis quon se disposoit à déli-bérer-dessus, on reçut avis de Rome que le Pape avoit formé íìïlSnouvelle Congrégation, fous le titre de Congrégation de la guerre. Cett' nouveauté fie grand bruit, on fut fort étonné que, contre lusage de

Cour Romaine de voiler les intrigues pour le temporel sous lapp areI \ cde lautorité spirituelle, Paul V. affectât fans déguisement le faste d eSouverains.