D'ITALI E. Liv. XXÌV. Ch. L _ 547
Les réflexions qu’on fit à Venise fur cette nouvelle Congrégation dirige- Sectjiq»■rent la réponse du Sénat à rArnbaslsadeur d’Espagne, on lui déclara que & jujleireRépublique ne pouvoit toucher à ses loix, fans ébranler son Gouverne- 4’Italie de-ment ; que bailleurs la Congrégation que le Pape venoit. d’établir, indiquoit puis l anassez ses vues. Le Roi de France continua toujours à vouloir faire lafonction de Médiateur, fans se déclarer pour l’un des partis. Le Grand j 623 _
Luc de Toscane & l’Empereur offrirent aussi leur entremise. -
, La Cour de Rome se trouvoit dans un grand embarras, & l’ardeur du EmbarrasPape étoit déconcertée par la fermété inébranlable des Vénitiens, & parle <tu Pape.refus que fesoient toutes les Puissances d’épouser sa querelle. Sur la find’Octobre, il pria l’Ambassadeur de France à Rome , d’imaginer quelqueexpédient qui pût le tirer d’affaire avec honneur. Cet Ambassadeur enconféra avec quelques Cardinaux & dressa un projet qu’íl envoya à M. deFresnes, Ambassadeur de fa Cour à Venise., qui le présenta au Sénat. Onl’accepta avec quelques restrictions. Mais le Pape, qui étoit toujours ir-résolu , changea ensuite & proposa un nouveau projet qui fut rejettépar le Sénat, Au milieu de Novembre , il arriva à Venise un Ambassa-deur extraordinaire du Roi d’Espagne pour faire de nouveaux efforts. , LeSénat déclara qu’il s’en tenoit au projet d’accommodement dont on étoitconvenu avec la France.
Henri IV. avoit résolu d’envoyei; le Cardinal de Joyeuse en Italie pour Le Roi de.travailler à terminer ce grand'différend. Ce Prélat arriva sur la fin de fan- France en-née 1606 en Italie, mais il s’arrêta à Ferrare pour attendre les dernieres v d < ? e !*,? 2 s'instructions du Pape & du Roi. Quand il les eut reçues, il se rendit à *
Venise vers la mi-Fevrier, & delà il alla à Rome. La plupart des diffi halle, quicultes s’applanirent, il n’y eut que l’article du rétablissement det Jésuites ttrmîne lequi arrêta pendant longtems, mais la République n’y ayant point voulu en- di ff^rend.tendre, il fallut y renoncer. M. de Thon parle d’un Bref de révocation 1 ° 7 *des Censures, mais le nouvel Historien de Venise assure positivement qu’iln y en eut point & le prouve clairement. Tout se passa de vive voix le 21d Avril, conformément aux conditions dont on étoit convenu, qui étoient;
Que le Cardinal de Joyeuse viendroit au College, que là il déclareroit sansaucune formalité, que les Censures étoient levées, & qu’au même instantle Loge lui remettroit la révocation de la protestation de la Républiquecontre le Moratoire du Pape. Que Ion conligneroit les prisonniers à deFreines Ambassadeur de France, qui voudroit bien les recevoir fans préju-dice des droits de la République. Qu’on ne mettroit point par écrit les ar-ticles de l’accommodement, & qu’on se contenteroit de la parole de la Ré-publique d’une part, & de celle du Cardinal de l’autre. Que tous les Re-ligieux seroient rappelles, à la réserve des Jésuites, & de quatorze autressujets de différens Ordres, qui s’éf oient sauvés pour des crimes particuliers.
Qsson feroit un Manifeste pour révoquer la protestation contre le Moni-toire, & qu’il feroit imprimé & répandu après la révocation des Censures.
Qu’alors on nommeroit un Ambassadeur pour résider à la Cour du Pape («).
Dès le commencement de son Pontificat Paul V. avoit repris l’affaíre de Conduite dula dispute entre les Jésuites & les Dominiquains. II s’étoit engagé pat W* £ '
( 3 ) Voy. Laugier Hist, de Venise T. X. p. 349— 3(54. O- Tìm U CXXXVil,
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