Section
X.
Histoired’Italie
qu’à l’an
1623
552 HISTOIRE GENERALE
Duc de Savoye envahit le Montferrat & se rendit maître de toutes les pla-ces, excepté Casai. Cette entreprise réveilla toute l’Icalie. Le Duc méprisales représentations que la République de Venise lui fit faire, en sorte qu’ellsdetmiTVan env oya trois mille hommes pour la conservation de Casai. Le Grand Duc156; juj- promit du secours au Cardinal Duc, & la maison de Mantoue fit lever tro} Smille Suisses. Le Pape se contenta de promettre d’employer ses bons ow-ces pour la paix. Malgré toutes les intrigues du Duc de Savoye, le R 01d’Eipagne se déclara enfin contre lui ; la France le menaçoit aussi, & FEm-pereur lui fit signifier qu’il eût à se désister de son entreprise sur le Mont'ferrât. Le Gouverneur de Milan agit plus efficacement, fit marcher destroupes & obligea Charles Emanuel de se retirer. Les places du Montfer*rat furent remises aux Espagnols. Cependant le Duc de Savoye reltoit ar-mé; le Gouverneur de Milan le preíîâ áe congédier ses troupes, mais nrecula toujours. Ce Gouverneur fit plus, il demanda au Duc de Mantoued’envoyer fa niece à Milan, qui s’en excusa. II ne laissoit pas que d’êtr efort embarassé, mais il déféroit beaucoup aux conseils des Vénitiens. II étoicaisé de voir que le Roi d’Espagne prétendoit se rendre maître des Etats deMantoue, & de donner insensiblement la loi à toute 1 ’Italie. C’est ce fi ulengagea les Vénitiens à agir vivement auprès de toutes les Puissancesfaveur du Cardinal* Duc. Leur Ministre & celui de France eurent beaureprésenter à Paul V. les fâcheuses conséquences de l’entreprise des Espa-gnols , il ne s'en remuoit pas devantage. Appliqué à jouir paisiblement l # ereste de ses jours des douceurs & des commodités du Pontificat, il auroi £laissé opprimer tous les Princes d’ítalie fans se donner le moindre mouve-ment. Breves, Ambassadeur de France écrivit à la Reine que le Pape a ’ e ."toit qu une piece âc chair , qui s'engraissait dans îoisiveté , & qu’il ne fall 0l jpas espérer qu’il donnât le moindre secours à la Maison de Mantoue. P aulcraignoit d’offenser la Cour d’Espagne (a).
Indolence Nous venons de toucher un mot de l’indolence du Pape. Dès les cotN-du Pape B mencemens de son Pontificat, il ne s’occupa que du foin d’enrichir fa ( a *Tmrichir m ^ e & lu combler d’honneurs. Le chagrin que lui avoir causé son dis'ja famille, sérend avec les Vénitiens,le jetta totalement dans l’inaction,& il ne pevsuplus qu’à élever ses parens. II donna au Cardinal Borghese son neveude deux-cens cinquante mille écus de revenu en bénéfices, fans compter ‘ e ,pensions fur plusieurs autres en divers Pays de l’Europe (b). II fit bâtir aRome le grand & magnifique palais, qui porte encore le nom de Borgn*-'se, & un autre avec des jardins spacieux hors des murs, & dans l'undans l’autre il assembla les plus beaux monumens de l’Antiquité qu’il p°^recouvrer, & les plus beaux ouvrages de Sculpture & de Peinture. II c0l J*tribua aussi beaucoup à l’embellissement de la ville de Rome, par plusi eU , £Edifices publics & par des fontaines, ce qui lui fit donner par Pafqui° ,nom de Fontifex Maximus. Ce fut lui qui acheva le palais de Monte Lvallo , commencé par Sixte V. qui dès ce tems-là devint la résidence ° 'dinaire des Papes (c).
(a) Nant Hist. de Venise L. l.LeVasfor reur , apud Hist. des Papes. T. V. P- VT. 1. L IV.poJsun Mercure François!’. 111. ìjt. ,z.
{bj Ni:, de Mariais Requête à l’Einpe- (c) Etat duSie^o de Rome T. !• P‘ i