$ 6 o
HISTOIRE GENERALE
Section fut par ordre du Pape, & pour inspirer au Roi de se défaire de tons lesReligionnaires, comme l’assurent quelques Auteurs , c’est ce dont je neaítalìi trouve point de preuves. Quoiqu’il en soit ce Moine passoit pour un granddepuis Van faiseur de miracles, & s’étoit acquis une grande réputation de sainteté.1564 M- Pendant les troubles de Bohême , il s’étoic trouvé dans l’armée Impe*qu'à r an j-jale, & avoit exhorté les Généraux à donner bataille, leur promettant lal623 ' victoire (a). , Et pour animer les troupes, il leur avoit montré un petittableau, où étoit peinte une Nativité de notre Seigneur, qu’il avoit trouvedans une Maison de campagne d’un Gentilhomme Catholique - Romain (#)•Comme le gain de la bataille de Prague suivit, Dominique en eut en quel-que façon l’honneur. Le continuateur de Mezeray (5) lui attribue bien de*fourberies en fait de guérisons, & prétend que le fameux Docteur Richerdécouvrit l’imposture. Mais je ne trouve rien de semblable dans un Au-teur contemporain (d) <k son récit paroit simple. II dit que Dominiquepassant en Lorraine & à Paris, tout le monde avoit beaucoup de respectpour lui, que plusieurs regardoient comme une grande faveur de recevoirlà bénédiction, d’assister à fa Messe & dé communier de fa main. Le peu-ple lui donna le titre de bienheureux Pere, & s’imagina qu’il devoit fairedes miracles, plusieurs malades se firent porter dans TEglífe des Carmesdéchaussés de Paris pour avoir fa bénédiction dans l’espérance d’être guéris*Des Grands lui firent ou aux Religieux de son Ordre des questions fur cesujet, mais par leur réponse, ou en ne répondant point, ils leur firent as-sez connoitre que le bruit des miracles qui couroit parmi le peuple, n’avoitaucun fondement. Une Dame ayant demandé à un des Religieux qui ac-compagnoient toujours le P. Dominique , s’il étoit vrai que quand on la 1avoit coupé des pieces du bout de son scapulaire, il n’y paroissoit point lelendemain. Madame , lui dit ce Religieux, tout de même comme fi fa*avoit coupé de votre robe.
Etablisse- Cette même, année, Grégoire XV. institua, à la recommandation depariep a Louis XIII. la Congrégation di» Bénédictins de Saint -Maur. Et l'annéea \ c 2 zT’suivante, l’Evêché de Paris, qui auparavant étoit suffragant de Sens, fu £érigé en Archevêché à la priere du Roi, on lui donna pour suffragans le JEvêques de Chartres, de Meaux & d’Orléans. On y a ajouté depuis l’Evê-ché de Blois', créé sous Louis XIV (<?).
Son zele Comme la guerre continuoit toujours entre l’Empereur & plusieurs Prin-ernure ks ces d’Allemagne, qui soutenoient les intérêts de Frédéric Electeur Palatin »totej mis. j e p a p £ env 0 y a un corps d e troupes à l’Empereur. On fait que les Trou-pes Impériales <k de Bavière s’emparerent du Palatinat. Le Pape contribuabeaucoup à faire obtenir l'Electorat au Duc de Bavière. Ce Prince fe vo-yant maître de Heidelberg ,• donna par reconnoissance au Pape une partisde la magnifique Bibliothèque des Electeurs Palatins, qui fut transportée aRome au Vatican (/). Grégoire XV. avoit tant de zele pour extirper ' eSProtestans, qu’il fit prier Louis XIII. de laisser faire le Duc de Savoy e »qui avoit dessein de s’emparer de la ville de Geneve ; mais le Roi ne jug e3
(e) Lemêmei T, VI. p. 420.
(è) Le même, T. VIII. p. 387, 388.(-) T. XII. p. 206- 20L.
(d) Mer c, Franç. T. VII. p 864-8 55 *
( e ) Henault Abr. Chron. fous l’on i6i2>CO Me#, de Louise Juiiane p. 26U