D’I T A L I E. Liv. XXIV. Ch. I. 565
de charges & de revenus. Mais il retint l'esprit de retraite, & ne se St: Sectioneonnoitre que par la fondation d’un couvent de son ordre à Rome, danslequel il passoit la plus grande partie du tems avec ses anciens confrères. ^ Italie de -Le Pape fit son frere Charles Général des armées de f Eglise, un des fils de pais'l'onCharles Gouverneur du Château S t. Ange, & l’autre Capitaine des Gardes lsi2 3 M-(a). II fit aussi bâtir pour les Barberins un vaste & magnifique Palais, i u ' à mre
proche du Quirinal, avec des Jardins , & leur acheta ou donna d’autres __
Terres d’un grand revenu, entre lesquelles est celle de Palestrine, dont ilsjouissent encore à titre de Principauté.
Le Prince de Galles étoit encore en Espagne pour épouser Plissante, & mariageil sembloit qu’on n’attendit pour terminer cette affaire que la dispense deRome. Urbain ne se pressoit pas de l’accorder ; il sc flata de convertir le mtc \£Prince & le Roi Jaques. Dans ce dessein il leur adressa des Brefs, par faim nm-lesquels il les invitoit d’embrasser la foi de leurs ancêtres. Mais dans le í«.tems qu’il les écrivoit, le Prince étoit déja de retour Sn Angleterre. LeDuc de Buckingham avoit changé d’idées, & ne penfoit plus qu’a romprele mariage, & il y réussit, quand il eut tiré le Prince des mains des Espa-nols (b).
Cependant Urbain VIII. étoit bien fâché de rengagement où son pré- Suite dedécesseur avoit mis les armes & l’autorité de l’Eglise, en prenant les Forts l’affaire dede la Valteline en dépôt. II sc plaignoit des dépenses inutiles qu’il lui fal- la Fi*ltcline.loit faire, & ne savoit comment sortir d’embarras. Les Alliés lui deman-derent de rendre les places qu’il avoit en dépôt. II n’en parut pas éloigné,pourvu qu’on dédommageât le S. Siégé de ses fraix, & que la Valtelinefût érigée en Etat Souverain, qui feroit corps avec les Cantons, ou avecles trois Ligues. II vouloit encore que le passage fût conservé aux Espa-gnols dans la Valteline, mais uniquement pour envoyer en Allemagne &en Flandre les troupes de Milan. On consentit au premier article , mai&on rejetta le second comme contraire aux engagemens de la Ligue. LesVénitiens s’opposcrent au troisième, mais le Commandeur de Sillery, Am-bassadeur de France à Rome le passa fans difficulté. Les Vénitiens s’enplaignirent, & on le désavoua. II fut enveloppé alors dans là disgrâce defa famille, & Richelieu entra dans le Ministère, ce qui changea la face desaffaires. Le Marquis de Bethune fut envoyé à Rome , qui déclara quel’intention du Roi étoit, qu’on ne changeât rien aux conditions dont ilétoit convenu avec les Vénitiens & le Duc de Savoye. Urbain VIII. quivouloit ménager la France & l’Espagne, traîna les affaires en longueur,en-forte que les Alliés se disposèrent à se procurer satisfaction par la voiedes armes. Le Duc de Savoye, qui avoit ses vues particulières, proposade soumettre Gênes à la France. Louis XIII. voulut sonder les Vénitiensfur cette proposition, mais le Sénat ne jugea pas à-propos d’y entrer. Ontint un Congrès entre les Alliés fur ce sujet à Suze ; on y résolut seule-ment, qu’on poursuivroit à main armée la restitution de la Valteline, &m Duc de Savoye convint secrètement avec la France, que l’entreprise furGênes auroit lieu Tannée suivante (c).
C«) Le même, p. 6î8.
(O Lt FaJJor T. IV. p. 619-640.
(c) JVanì. L. V. Le Fagot T, V. p. 75& suiv.
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