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dont-ils sortirent à leur honneur. Le pape avoit conféré l’Evêché de Pa-SncTrondoue au Cardinal Cornaro, fils du Doge & Evêque de Vícenfe. Commecette translation étoit contraire aux loix de la République , qui défendent ^j taífe .aux enfans des Doges de recevoir aucun bénéfice de la Cour de Rome, ìe depuis l'anSénat s’y opposa, & pria le Pape de donner l’Evêché de Padoue à un au- 1623 jus -.tre ; le Cardinal écrivit lui-même au Pape. Urbain VIII. s’obstina; le 7 “’® n9îreCardinal offrit fa démission, qui ne fut point acceptée, & le Sénat aima tms ‘mieux laisser d’Evêché de Padoue vacant, que de souffrir, aucune atteinte des v - nUaux Loix. Enfin la mort du Patriarche de Venise fraya la voie à un ac- tiens ave?commodément. Le Cardinal Cornaro fut élu Patriarche par le Sénat,le Pape donna l'Evêché de Padoue à son frere Marc-Antoine Cornaro.
Voici le sujet de la seconde contestation. Quelques vaisseaux de Raguse,chargés pour Ancone, voulurent traverser le Golphe, sans payer à la Ré-publique les droits. Ils furent saisis par le Capitaine du Golphe. Le Pape&î cn plaignit amèrement; mais les vaisseaux ne furent relâchés, que lorsquela République de Raguse eut envoyé à Venise un Ambassadeur , pour de-mander grâce & réparer la contravention. Le Sénat voulut aussi remédierau commerce illicite de grains, qui se fesoit entre les Impériaux & l’Etatde Ferrare. 11 envoya des galères qui enlevèrent plusieurs batteaux char-gés de bled, & fit dire au Pape, qu’on en useroit de la sorte à Tavenircontre tous ceux de ses sujets, qui fournìroient des vivres à l’ennemi, auPréjudice de la parole donnée par fa Sainteté en faveur du Duc de Man-toue. Le Pape dissimula, & les grains demeurèrent confisqués Ça).-
Avant que de revenir à la guerre de Mantoue, je rassemblerai ici quel- -fà/tts 'p'itïques faits particuliers. Depuis l’an 1612 il y avoit de grandes disputes au ■sujet d’un Livre de Richer, Docteur & Sindic de la Faculté de Théologie,intitulé de Eccléfiastìca & Poìitìca poîejìate , dans lequel il parloit fort malde la Puissance du Pape ik de 1 ’Eglilè. Il essuya bien des persécutions deJa part des partisans de Rome, cependant on ne put jamais le faire con-damner en France. Enfin cette affaire fut terminée en 1629 : : Richer si-gna une rétractation, par laquelle il soumettoit son Livre au jugement durâpe. 11 paroit qu’il y fut forcé. Les uns disent qu’on lui mit le poignard -sur la gorge, les autres que le Cardinal de Richelieu le menaça de la Bas-tille, parcequele prix de cette rétractation étoit le chapeau rouge pourl’Ar-chevêque de Lyon, frere aîné du Cardinal (L). Le premier de Tanvier lePape donna par un décret du Consistoire le titre d 'Eminence & d ’Eminen*iìjjtme aux Cardinaux, aux Electeurs Ecclésiastiques & aux Grands Maîtresde Malthe. Par une bulle du 13 du même mois, il abolit Tordre des Jé-suitejses, qui avoit commencé à s’établir.
, Le Cardinal de Richelieu partit de Paris le 29 de Décembre , & arriva Suiïè* Lyon le 18 de Janvier 1630. Là il y eut des négociations avec le Duc en-de Savoye, & comme celui-ci ne voulut pas s’en tenir au Traité de Suze, Iul % 0 .
°n lui déclara la guerre. Pignerol fut assiégé, & on s’en rendit maître le *â? de Mars. Le Cardinal Antoine Barberin & Jules Mazarin vinrent à -pgnerol pour négocier avec Richelieu, mais les conférences furent inuti-p S - Le Gouverneur de Milan recommença le siégé de Casai & le Roi de-'r ance conquit toute la Savoye, à la réserve de Montmelian. Les Impe-( 3 ) Hict. de Venise T. XI. p, 233-232. (b) Hisr, ries Papes T. V. p- 216,227. -