V'I T A L I E. Liv. XXIV. Cfl. I. 5 /i
Kté d’Ambassadeur extraordinaire, chargé de faire conjointement avec un Sectionautre Savelìi, Ambassadeur ordinaire de 5 . M. I. & avec tous les Cardi- B ^ o : rtnaux de la Faction d’Efpagne, de nouvelles instances au Pape. Le Pape d , Itaiieécouta patiemment le Duc ; après quoi il lui répondit vigoureusement, que ^ e p U û _ r anst l’Empereur avoit réservé contre les Suédois, l’argent & les troupes qu’il 1623/«/-avoit emploiées à ravager l’ítalie, il n’auroit point besoin de secours. ^ no:rt
Qu’au reste la guerre d’Allemagne n’étoic point une guerre de religion, '_
mais une affaire purement politique. Les Ministres Autrichiens se concer-sorent avec le Cardinal Borgia, qui dans une audience publique, remit auNom du Roi d’Efpagne une protestation, qui sembloit accuser le Pape denégliger son devoir dans une occasion si importante. Quelques Cardinauxfurent disgraciés pour avoir secondé Borgia, quelques - uns & Borgia lui-mêmefurent obligés de quitter Rome, Urbain ayant publié une bulle très - ri-goureuse, qui obligeoit les Evêques à la résidence. Quelques jours après,
Urbain tint un Consistoire où il lut lui-même fa réponse à la^ protestationdu Roi d’Espagne, il y réitéra ce qu’il avoit déja dit, que l’Empereur s’é-toit attiré lui - même le mal qu’il souffroic » & il finiffoit en promettantqu’il uferoit de tous les moyens capables de contribuer à l’extirpation del’hérésie & à la fureté de la Religion Catholique. II fe borna néanmoins àk publication d’un Jubilé universel, au lieu de la croisade qu’on lui de-mandoit, & à la permission de quelques levées fur les biens Ecclésiastiques,dont l’Empereur ne tira que cent mille écus; enfin à l’envoi de trois Non-ces extraordinaires, en Allemagne, en France & en-Espagne (a).
Urbain fit connoitre ses scntimens encore d’une façon bien vive, en di M'cmten'fiant à l'Ambassadeur d'Efpagne en plein Consistoire, que son Maître étoit j? ! j ecause par sa tirannie & par son ambition démesurée, que les bons Catholi- ji Snî 'ques étoient contraints de se réjouir de la victoire des Hérétiques. Laquerelle alla si loin, que les Ministres de l’Empereur & du Roi d’Efpagneà Rome sollicitèrent plusieurs Cardinaux de leur Faction, d’assembler unConcile pour déposer le Pape comme un fauteur d’hérétiques. II y eutmême un Jésuite en Espagne qui écrivit un Livre contre la puissance duPape. On délibéra auffi dans le Conseil du Roi Catholique d oter au Papela collation de tous les bénéfices du royaume, & d’y ériger une Dateriepour les pourvoir ., & retenir l’argent que la Cour de Rome en tire (S).
Ce projet n’eut point de fuite, parceque la face des affaires changea par lamort du Roi de Suede; qui fut tué à la bataille de Lutzen, le 16 de No-vembre.
La mort de François Marie de la Rovere , dernier Duc d’Urbin, occa -Démêlésstonna un démêlé entre le Pape & les Vénitiens. Le Pape avoit réuni le de . s Vtni 'Duché. d’Urbin à l’Eglife, en conséquence des bulles de ses prédécesseurs.
Tout ce qu’il put s’attribuer de la dépouille du Duc, ce fut la Préfecturede Rome , dont la maison de la Rovere avoit joui fort longtems, qu’ildonna à son neveu Taddée Bat berin, Prince de Palestrine. Cette dignitétfoit son origine des anciens Préfets du Prétoire , & elle n’étoit plus5 u un vain titre fans autorité. Cependant le nouveau Préfet prétendit
la préséance fur tous les Ambassadeurs dans les cérémonies publiques,
C«) Nmi L. IX. Ls Vajjtr T. I.p. m -120. (b) Heyde^erlîiít, Papat.-Etat. VII.
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