D’I T A L I E. Liv. XXIV. C h. I. 573
Cette même année , Richelieu persuada au Roi d’envoyer en qualité Sectiond’Ambassadeur extraordinaire à Rome le Duc de Créqui, sous prétexte de XI-rendre au Pape l’obéissance filiale. Mais au fond pour l’engager à entrerdans une ligue défensive avec la France.. Le Duc arriva à Rome au mois ^,7 r mde Juin & fut reçu avec la derniere magnificence. II offrit au Pape tou- 1623 jus-tes les forces du Roi pour fa défense, mais il ne put réuífir à faire entrer p'à notreUrbain dans la ligue qu’il lui proposa. II alla à Venise pour négocier & tems -pour terminer les différends fur les limites. Mais un nouveau démêlé du ^ mìa n- adePape & des Vénitiens arrêta le cours de cette négociation. du Duc de
Ils avoient à Ancone un Consul nommé Oberti. _ Le Gouverneur l’accu- Créqui isoit de donner avis aux galères de Venise des vaisseaux de Raguse, qui Rome -passoient en fraude. Quoiqu’en cela Oberti ne fit que son devoir, le Gou- NouveauVerneur d’Ancone le persécuta tellement, que le Consul alla à Venise pour àâ desen rendre compte au Sénat. A peine fut - il parti, que le Gouverneur fit avlfkPa-faisir ses meubles & ses papiers , fans excepter ceux qui appartenoient à p e .son ministère. Tandis que le Sénat, appuyé de l’Ambassadeur de France,detnandoit au Pape réparation de cette insulte, le Gouverneur d’Anconepublia contre Oberti une sentence de bannissement, pour avoir en tems depeste introduit des marchandises d’une barque Vénitienne suspecte de conta-gion , quoiqu’il n’eût fait entrer ces marchandises qu’avec la permission duMagistrat. Ce nouveau grief augmenta le mécontentement du Sénat, & l'Am-bassadeur de France s’emploia avec plus de chaleur encore pour lui obtenir sa-tisfaction. On convint que la sentence seroit révoquée, que Michel Oberti re-tournerok à Ancone & qu’on lui rendroit ses meubles & ses papiers. LeSénat fit espérer, qu’il le rappelleroit bientôt & qu’il enverroit un autre Consul.
Sur ces entrefaites Michel Oberti mourut, & le Sénat envoya son frere àAncone pour exercer le Consulat. Mais à peine y fut-il arrivé, que leGouverneur le fit mettre en prison, & le chassa ensuite , en le menaçantde le traiter beaucoup plus durement, s’il s’avifoit de revenir. L’Ambas-sadeur de France s’en plaignit vivement au Pape , parcequ’il avoic donnéparole aux Vénitiens que leur Consul seroit bien reçu. Urbain VIII. biai-la, ot le Sénat qui vit qu’on cherchoit à l’amuíèr, suspendit à Venise lesaudiences du Nonce, <St défendit à son Ambassadeur à Rome de se pré-senter devant le Pape (a). Cette affaire ne se termina que vers la fin de1 annee 16^5. Le Consul fut rétabli dans ses fonctions & la bonne intelli-gence parut renaître. On reprit l’affaire des limites, pour laquelle on sedonna encore des peines inutiles, par la difficulté de constater la propriétéd’un terrein dont chaque débordement du Po changeoit la disposition. Onproposa de tirer une ligne entre deux points fixes, qui fît la séparation desdeux Etats, fans égard aux variations du fleuve (b).
Louis XIII. ayant dépouillé le Duc de Lorraine de ses Etats, les Minis- Masarin* re * “Espagne presserent extrêmement le Pape de s’intéresser en faveur de Nonce_ Et-la Maison de Lorraine. Urbain se détermina à envoyer Mazarin Vice-lé- trM p hn ^ :gat d Avignon, en qualité de Nonce extraordinaire en France, chargé de tn mparler de 1 accommodement de Louis avec la Maison d’Autriche, & des af-aires de Lorraine. Ce Nonce arriva à Paris dans le mois de Novembre <Sc00 Nant 1 . c. Laugier ubi sup. p. 270- (&) Nani L. X. Laugier 1 . c. p. 284»
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