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l’ëgará des deniers pour la guerre, remploi en étoit constant & public, les Sscrmatroupes ayant été payées en présence de l’Officier commis pour cet effet, XI.à qui par conséquent il falloit s’adresser. Tout cela n’empêcha point, Histoirequ’on ne séquestrât généralement tous les revenus & tous les biens des Bar- ‘ r âe 'berins. Cependant fur les avis qu’ils reçurent de tous les côtés, qu’on avoit Van sdessein de les enfermer dans le Château 8. Ange , le Cardinal François & \iamm-son frere songèrent sérieusement à la retraite. Ils sortirent de Rome tans.
le i<5 de Janvier à deux heures après minuit, le Cardinal à pied, en habit-
de Prêtre, & le Préfet de Rome dans un carosse avec ses enfans. ils aile- l64fi 'rent droit à l’embouchure du Tibre , & la barque qu’ils avoient arrêtéen’ayant pas voulu partir, ils furent obligés d’être plus de quatre heures àtraiter avec d’autres, pour les disposer à mettre en mer. I 1 S se jetterontdonc dans une méchante barque Génoise, fans avoir ni matelas pour se cou-cher, ni autres provisions que de méchant biscuit & un peu de mauvais vinqu’ils acheterent dans le port. A peine furent - ils en mer qu’il s'éleva unefurieuse tempête, mais la force du vent les mit en un jour à la vue de Ge-stes, L le lendemain ils se trouvèrent la nuit à la hauteur désistés de Sce„.Marguerite. La tempête s’appaisa, & ils se rendirent -à Cannes en Pro.vence, d’où ils dépêchèrent un Courier au Roi, pour l’informer de leurarrivée, & lui faire des excuses de ce qu’ils avoient été forcés, contreleur intention, d’entrer dans le royaume avant que d’en avoir la permission.
Le Roi leur envoya un de ses Ecuyers, pour les assurer de la continuationde fa protection & de fa bienveillance (a). La haine qu’on avoit eu pourles Barberins se changea en compassion. On taxa le Pape d'ingratitude, &de condamner dans les autres, ce qu’il pratiquoìt lui-même, puisque Do-na Olympia gouvernoit absolument, & étoit plus avide encored’amasser desargent, que les Barberins ne l’avoient été.
On ne blâma pas moins son procédé envers le Cardinal Pamphile son ne- Lsneveatiu-Veu. Ce Cardinal étant devenu amoureux de la Princesse de Rossane, jeu- Pape banniste veuve, résigna son Chapeau à l’insu du Pape, & épousa secrètement la <iePrincesse. Ce mariage irrita tellement le Pape & sa mere Olympia, qu’a-près une conférence particulière de deux heurês, ils résolurent de le ban-nir de Rome avec sa femme. Cette résolution si sévere fut mise d’aborden exécution, au grand étonnement des Romains. On trouvoit la fautetrès - pardonnable , parceque la Princesse étoit distinguée non seulementpar son rang & par ses biens, mais encore par fa beauté & par les qualitésde fa personne. On attribua leur exil principalement à Olympia, qui ap-préhendant que la Princesse n’affoiblit son crédit, jugea à-propos de latenir éloignée de la Cour.
Innocent X. irrité de la désertion des Barberins, publia le 21 de Fe- Bulle etav rier une bulle datée du jour précédent contre les deux freres Cardinaux, Pape contrePat laquelle il ordonnoit que leurs revenus seroient saisis & même confisqués * le . s Bart>e "
? tnoins qu'ils ne retournassent dans six mois. Qu’en cas de désobéissance, .^'<546.ds seroient privés de leurs bénéfices, pensions & charges, & enfin du Cha-P e au (b). La Cour de France prit parti dans cette affaire, la Bulle fut dé-
. (a) Griffes , Augmentât, au Journal de de Daniel in 8vo.
Uls XIV. Tom. XXII. p. 3-8, de l’Edil. (fc) Aulery I. c, p. ^57.