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vant les Evêques, que l’Inguisiteur eût à sortir incessamment de Naples & Se anomdu Royaume; que ceux qu’il avoit fait arrêter fussent transférés dans les XI.prisons de l’Archevêché, pour être jugés par l’Archevêque selon les canons. AàLe Viceroi accorda ces demandes, & le Roi Charles -II. approuva ce qu’iì depuis r mavoit fait, par une Patente expédiée à Madrid le 25 de Mars 1692. L’In- 1623 jus-qûisition de Rome tenta encore dans la fuite de nouvelles entreprises, aux- î M ’ à ™ trlquelles le Roi d’iìspagne s’opposa pour contenter les Napolitains (a). In - tem 'nocent XII. fut mécontent de ce procédé. D’autre part Charles II. irrité ”
de la partialité que Je Pape témoignoit pour la France, & fatigué des in-stances réitérées qu’il lui fesoit pour le porter à la paix, A à abandonnerses alliés, lui écrivit une Lettre très forte, dans laquelle il justisioit la né-* cessité de la guerre entreprise contre Louis XIV. par laquelle les Princesalliés fe propofoient de parvenir à une bonne & solide paix (b).
Le Pape n’-aiant pu réussir auprès du Roi d’Efpagne, fut plus heureux Le Papeauprès du Duc de Savoye, qu’il détacha de la grande Alliance. II e st vrai détache leque la France fit des offres si considérables à ce Prince, qu’il ne pouvoit Du deSi ~les refuser, étant aussi porté qu’il l’étoit à manquer à fes engagemens quandil s’agissoit de son intérêt (c). Le Traité fut conclu au mois de Juillet r 696,
& on y stipula Ja neutralité pour l’Italie. Le Pape,qui fouhaitoit d’en éloi-gner les Impériaux, leur envoya soixante mille écus. II atcorda aussi dulscours aux Vénitiens contre les Turcs, & au Roi Jaques.
Innocent XII. avoit d’ailleurs des affaires qui l’occupoient beaucoup. Le Ses feinsQuiétifme fesoit toujours de grands progrès en Italie, malgré toutes tet contre lerigueurs de l’Inquilition, & le Pape auroit voulu l’arrêter, mais il n’y réussi t Aài/me.pas, comme il fouhaitoit. Quand les esprits fe livrent à cette forte de fa-natisme , qui semble porter la pieté au plus haut degré, il n’est pas aisé deles ramener.
En 1697, le Pape eut la satisfaction de voir la conclusion de la Paix gé- p a i x denérale à Riswyek, & d’apprendre que l’Electeur de Saxe avoit embrasséja Ryswyck.Religion Romaine pour obtenir la couronne de Pologne. II envoya à ce I<5 97 *Prince un Nonce pour le féliciter.
On porta en ce tems-ià à Rome une autre affaire, qui fit beaucoup de bruit. Condamna-Le célébré Fenelon , Archevêque de Cambrai, fut accusé de Quiétifme, k tien desl’occasion de son Livre des Maximes des Saints. Ce Prélat y soutenoit l'A Maxi >nesmour pur & désintéressé. M. Bossuet, Evêque de Meaux, qu’on accule f es *f ail ? t ’ sd’avoir eu une jalousie sécrété contre M. de Fenelon, fe souleva contre Fcneiên**son Livre, & le dénonça au Roi comme un Ouvrage dangereux. IIécrivit 1699.contre l’Archevêque de ■Cambrai, & tous deux envoyerent leurs Ouvragesau Pape, & s’en remirent à fa décision. La Congrégation du Saint Officenomma sept Confulteurs de divers Ordres pour examiner trente-sept propo-sitions, & ils emploierent à cet examen le même nombre de Conférences,ils les jugèrent erronées à la pluralité des voix. Le Pape à la tête d’uneCongrégation de Cardinaux, les condamna par un Bref, qui sox publié éfcaffiché dans Rome le 13 Mars 1699. Mais si M. Bossuet triompha. M.de Fenelon obscurcit bien la gloire de ce triomphe, par sa soumission aveu-
00 Giannone L. XXXII. Cb. z. ( c ) Siecle de Louis XIV. Ch. 16. Coní,
ib) iiilh des Papes T. V. p. 404-405. de Mezeray T. XIII. p. 294, 298.
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