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Sscttgn les Magistrats de la ville, qui ont un certain droit fur les denrées pour leXI. salaire de leur taxation, le tirent payer au marchand, sans savoir que lesd’ítaík de- P 0 ^ appartenoient à i’Ëvêque. Dèsqu'ils en furent instruits, ils rendirentpuùi’an * au revendeur ce qu'il lui en avoit couté & allèrent demander pardon à l’E-1623 jus- vêque , qui ne laissa pas de fulminer contre eux ses censures. Les Magi-qu'à notre sirats se pourvurent au tribunal de la Monarchie, selon l’ancien usage, &Ums ‘ 'en obtinrent l’absolution de ces censures cum reìncidentia , c’est-à-dire parintérim , & a6n que délivrés pour un tems de l’excommunication, ils fus-sent habiles à paroitre en Justice. C’est ce qu’on appelle en France abfolutioai cautelam. Elle est de droit naturel, & les Juges laïques mêmes end’autres pays ordonnent aux Métropolitains de la donner en certains cas.Mais en Sicile le Juge étant Ecclésiastique & représentant le Roi en sa qua-lité de Légat à Latcre ,’a incontestablement le droit de donner lui-mêmecette sorte d’absolution. L’Evêque aiant porté cette affaire à Rome, ony déclara, que personne n’avoit le droit d’absoudre cum reincidentia , ni deconnoitre de l’injustice des censures décernées par les Juges ordinaires,pour fait d’Immunité Ecclésiastique lézée, ce droit étant réservée au seulPape. Ce Décret de la Cour de Rome fut envoyé en Sicile , fans la per-mission du Roi, & il fut reçu par les Evêques de Catane & d’Agrigente.Le Viceroi de Philippe V. en déclara la publication nulle, & ces deuxEvêques ne voulant pas se soumettre, il leur ordonna de sortir du Royau-me. La Cour de Rome excommunia le Juge de la Monarchie, & le Roid’Espagne n’aiant rien négligé pour terminer ce différend à í’amiable, ilne put y réussir. Clément pouffa sa pointe avec vigueur, & dans fa Bulledu onzième Janvier 1711 , il ordonna que tous ses Mandats, Décrets,Lettres & Bulles, seroient exécutés en Sicile, fans examen & fans permis-sion de la part du Roi. Cette Bulle a encore cela de remarquable, qu’ellefut donnée par le Pape motu proprio , & qu’eïle fut exprimé dans les ter-mes les plus outrés & les plus choquans ; il y révoqué même & abolittous les anciens privilèges qu’Urbain II. a accordés à Roger & à ses suc-cesseurs, fans entendre les raisons du Roi & fans examiner ses titres. LeRoi Catholique se contenta de défendre à ses sujets d’exécuter les Décrets& les Bulles du Pape, & le Procureur - Général inter jetta appel de laBulle (a).
Le royaume de Sicile aiant été cédé au Duc de Savoye par la paix d’U-trecht, ce changement n’en produisit aucun en Cour de-Rome. L’Audi-teur de la Chambre Apostolique décerna des Lettres Monitoires contreles Officiers du Roi de Sicile, pour s’être opposés à l’exécution de quelquesDécrets Apostoliques.
L'Empe * L’Empereur Charles VI. avoit consenti par le Traité de Bade à la neu-
reur fait tralité pour l'Italie, mais il conservoit toujours le désir de se venger deGravi Ï/Efpagne. D’autre part le Cardinal Alberoni , devenu premier Ministrequisiteur ' cle Philippe V. avoit de grands projets, & vouloit attaquer les Etats de4’Espagne. l’Empereur en Italie, tandis que ce Prince étoit occupé de la guerre con-ï?ió. tre les Turcs, pour secourir les Vénitiens. Les prétextes ne manquèrent
(a) Journ, Liter. T. IX. Art. V. Extrait de la Défense de la Monarchie de Sicile»
par Du Pin,