D’I T A L I E. L iv. XXIV. Ch. I. 641
pas de part & d’autre. L’Empereur fit arrêter le Sieur Molinez, Grand SectionInquisiteur d’Espagne, qui fut mis en prison à Milan, fans égard pour la Xi.neutralité de TItalie, ni pour le passeport du Pape, dont ce Prélat étoit H P oir . emuni, ce qui donna lieu à de grandes plaintes. ît^'r
On ne peut douter que le Pape ne fût fort mécontent de cet arrêt, ce -1613 jus- 1pendant il n’étoit pas favorablement disposé pour le Cardinal Alberoni. Ce qu’à notrePrélat ambieux obtint du Roi Philippe l’Archevêché de Seville ; mais com- sems.me il étoit déja pourvu de l’Evêché de Malaga , le Pape refusa les bulles 7~Z —~pour l’Archevêché, & malgré les protestations du Roi contre ce refus ,M e ushuùClément persista. Ce Pontife avoit trouvé mauvais, qu’on eût qualifié ce lesauCar-Cardinal du titre de Favori de la Cour d’Espagne. Un autre grief du Roi Alì) e-Catholique contre le Pape fut la révocation d’un Bref qu’il avoit accordé àce Prince pour lever pendant cinq ans un subside sur les revenus ecclésiasti- ché\k le-ques. Le Pape révoqua ce Bref au bout de deux ans, ce qu’on prétendoit ville.à Madrid qu’il n’étoit pas en droit de faire. Philippe V. en fut si piqué,qu’il fit donner ordre au Nonce de se retirer de Madrid & de sortir duroyaume ; le Nonce se mit en devoir d’obéir sur le champ, & donna enmême tems avis au Pape de Tordre qu’il avoit reçu. Le Cardinal Aquavi-va, Ambassadeur d’Espagne à Rome, eut aussi ordre de sortir de cetteville, & d’en faire sortir tous les Espagnols, de quelque condition ou qua-lité qu’ils fussent, fous peine de confiscation de tous leurs biens, ou dequelqu’autre punition arbitraire. En conséquence de cet ordre, plus dequatre mille Espagnols sortirent de Rome. Cette brouillerie ne dura pas;le Pape se montra plus favorable aux désirs de 8. M. C. & accorda au Car-dinal Alberoni les bulles pour l’Archevêché de Seville.
Sur ces entrefaites, ce premier Ministre d’Efpagne, fous prétexte d’en- Brouille.voyer une Flotte au secours des Vénitiens contre les Turcs, fit attaquer la ”*« dupa-Sardaigne qui appartenoic à TEmpereur. Toutes les Puissances de l’Europe ^ vecs’tn plaignirent; TEmpereur comme le plus intéressé envoya ordre au Com- T eur? e "tedeGallas, son Ambassadeur à Rome d’en faire de vives & fortes 17plaintes au Pape, que le Conseil de Vienne accusa d’abord de connivencepour l’Espagne, & d'avoir été informé de ce projet. Clément protestahautement n’avoir aucune part aux desseins du Roi Catholique, & se dé-chaîna contre le Cardinal Alberoni, qui, disoit-il, avoit abusé de sa faci-lité & Tavoit trompé. Mais le Comte de Gallas ne fe contenta pas de pa-roles, persuadé du contraire de ce que le Pape lui dìsoit, & convaincuque, non seulement il avoit été bien instruit de la destination de la FlotsEspagnole, mais même qu’il avoit emploie son autorité pour persuader àquelques Princes d’Italie de se déclarer pour TEspagne, il demanda, que lePape rompit tout commerce avec TEspagne, qu’il rappellât son Noncesur qui on rejet toi t une partie de Tintrigue, qu’il annullât la Bulle, quiaccordoit au Roi Philippe la levée des Décimes fur les Biens Ecclésiasti-ques d’Espagne & des Indes, & qu’il privât Alberoni du Chapeau de Car-dinal- Ces propositions jetteront Clément dans un cruel embarras. Cepen-dant il falloit donner satisfaction à la Cour de Vienne, ou voir les Terresde TEglife exposées aux exécutions militaires , dont cette Cour menaçoittous les Princes d’ítalis, quelle soupçonnoit avoir relation avec TEspa-gne. Le Pape consulta le Cardinal Aquaviva, & ils convinrent qu’on éerï-