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32 (1769) L' histoire générale d'Italie depuis la ruine du royaume des Lombards jusqu'à notre tems, avec celle des papes qui on occupé le siège de Rome
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DI T A L I E. L iv. XXIV. Ch. I. 641

pas de part & dautre. LEmpereur fit arrêter le Sieur Molinez, Grand SectionInquisiteur dEspagne, qui fut mis en prison à Milan, fans égard pour la Xi.neutralité de TItalie, ni pour le passeport du Pape, dont ce Prélat étoit H P oir . emuni, ce qui donna lieu à de grandes plaintes. ît^'r

On ne peut douter que le Pape ne fût fort mécontent de cet arrêt, ce -1613 jus- 1pendant il nétoit pas favorablement disposé pour le Cardinal Alberoni. Ce quà notrePrélat ambieux obtint du Roi Philippe lArchevêché de Seville ; mais com- sems.me il étoit déja pourvu de lEvêché de Malaga , le Pape refusa les bulles 7~Z~pour lArchevêché, & malgré les protestations du Roi contre ce refus ,M e ushuùClément persista. Ce Pontife avoit trouvé mauvais, quon eût qualifié ce lesauCar-Cardinal du titre de Favori de la Cour dEspagne. Un autre grief du Roi Alì) e-Catholique contre le Pape fut la révocation dun Bref quil avoit accordé àce Prince pour lever pendant cinq ans un subside sur les revenus ecclésiasti- ché\k le-ques. Le Pape révoqua ce Bref au bout de deux ans, ce quon prétendoit ville.à Madrid quil nétoit pas en droit de faire. Philippe V. en fut si piqué,quil fit donner ordre au Nonce de se retirer de Madrid & de sortir duroyaume ; le Nonce se mit en devoir dobéir sur le champ, & donna enmême tems avis au Pape de Tordre quil avoit reçu. Le Cardinal Aquavi-va, Ambassadeur dEspagne à Rome, eut aussi ordre de sortir de cetteville, & den faire sortir tous les Espagnols, de quelque condition ou qua-lité quils fussent, fous peine de confiscation de tous leurs biens, ou dequelquautre punition arbitraire. En conséquence de cet ordre, plus dequatre mille Espagnols sortirent de Rome. Cette brouillerie ne dura pas;le Pape se montra plus favorable aux désirs de 8. M. C. & accorda au Car-dinal Alberoni les bulles pour lArchevêché de Seville.

Sur ces entrefaites, ce premier Ministre dEfpagne, fous prétexte den- Brouille.voyer une Flotte au secours des Vénitiens contre les Turcs, fit attaquer la*« dupa-Sardaigne qui appartenoic à TEmpereur. Toutes les Puissances de lEurope ^ vecstn plaignirent; TEmpereur comme le plus intéressé envoya ordre au Com- T eur? e "tedeGallas, son Ambassadeur à Rome den faire de vives & fortes 17plaintes au Pape, que le Conseil de Vienne accusa dabord de connivencepour lEspagne, & d'avoir été informé de ce projet. Clément protestahautement navoir aucune part aux desseins du Roi Catholique, & se dé-chaîna contre le Cardinal Alberoni, qui, disoit-il, avoit abusé de sa faci-lité & Tavoit trompé. Mais le Comte de Gallas ne fe contenta pas de pa-roles, persuadé du contraire de ce que le Pape lui dìsoit, & convaincuque, non seulement il avoit été bien instruit de la destination de la FlotsEspagnole, mais même quil avoit emploie son autorité pour persuader àquelques Princes dItalie de se déclarer pour TEspagne, il demanda, que lePape rompit tout commerce avec TEspagne, quil rappellât son Noncesur qui on rejet toi t une partie de Tintrigue, quil annullât la Bulle, quiaccordoit au Roi Philippe la levée des Décimes fur les Biens Ecclésiasti-ques dEspagne & des Indes, & quil privât Alberoni du Chapeau de Car-dinal- Ces propositions jetteront Clément dans un cruel embarras. Cepen-dant il falloit donner satisfaction à la Cour de Vienne, ou voir les Terresde TEglife exposées aux exécutions militaires , dont cette Cour menaçoittous les Princes dítalis, quelle soupçonnoit avoir relation avec TEspa-gne. Le Pape consulta le Cardinal Aquaviva, & ils convinrent quon éerï-