646 HISTOIRE GENERALE
Ssckoh pas paroitre en public avec l’appareil qui suivoit ordinairement ses prédé-H'ìlìr relieurs. On croioit qu’il avoit peu de parens, mais ii se trouva plusieursa’Italie neveux & petits - neveux, dont quelques-uns avoient pris le parti d u. Cloi-ëipuis r an re. Cependant il ne parut pas porte' à les accabler de Bénéfices Eccléfiasti-3623 jus- ques, mais seulement à les placer selon leur mérite & leur état. D’ailleursttmt nHre * llonna des marques de fa générosité à la plupart des Cardinaux, & il -m>
■ gmenta la pension du Chevalier de Saint - George de quatre mille écus Du.
reste, il n’entendoit rien à la politique, & il ne s’en cachoit point.Il ordonna au Gouverneur de Rome d'interdire absolument tous les lieuxde débauche, & de faire exercer la police à cet égard avec toute la rigueurpossible. Ayant renouvellé cet ordre au Sous - Gouverneur, celui - ci en futembarrassé,éfc conféra avec le Cardinal Paulucci, Vicaire, fur ces nouveauxordres, que tous les Papes ont coutume de donner, mais qu’on n’a ja-mais exécutés à la rigueur, à cause des inconvénient L’expédient qu’ontrouva pour contenter le Pape, fut de chasser les plus odieuses & les plusinfâmes des femmes publiques, & de faire entendre aux autres qu’elles dé-voient s’attendre au même fort, si la retenue & la modestie ne déroboientle scandale de leur vie libertine aux yeux pénétrans du chaste Pontife. IIécrivit à tous les Princes Catholiques pour ies exhorter à la paix, mais sur-tout à ne point exposer le Patrimoine de St. Pierre aux calamités de laguerre. Dans une audience qu’il donna au Cardinal Aquaviva, il déclara àce Prélat, qu’il attendoit de l'amour du Roi d'Espagne pour la paix, &de son zele pour le bien de l’Eglise, que S. M. C. prendroit tous lesarrangemens nécessaires, pour empêcher qu’on ne troublât le repos del’Italìe,- ajoutant que quant à lui il ne prendroit aucun parti, quelque ré-volution qui pût arriver. Cependant, dans une Congrégation particulièrede Cardinaux, il exaggéra fort le danger où -se trou volt l’ítaiie ; il proposad’augmenter les Troupes de l’Etat Ecclési astique, de mettre les places-frontières'hors d’infulte, de construire quelques nouvelles galères, &d’en-voyer des Brefs à tous les Princes d’Italíe, pour les exhorter à se tenir-prêts à tout événement. Ce? propositions furent approuvées.
■djfaìrs de On se flatoit que Benoit XIII. élevé dans les principes des Dominiquainstkn° n ^ ÌtU ' rêmédieroit aux maux qu’avoit causés la Constitution Unigsnitus , mais onim ' fe trompa. 11 étoit à la vérité attaché à la doctrine dc St. Augustin, & à
la pureté de la Morale, mais en même tems fort prévenu en faveur des pré-tentions ultramontaines fur l’infaillibilité, & par cette raison il ne croioitpas devoir donner atteinte à ce que ses prédécesseurs avoient fait, & qu’ilregardoit comme émané d’un tribunal qui ne peut errer. Dans cette dispo-sicion il soutint que la Bulle ne condamnoit ni les vérités de la Grâce, niles réglés de la Morale, & en même tems il voulut accréditer les véritésqus cette Bulle condamne réellement. Ce fut dans cet esprit qu’il adrcfla»
‘ le 6 de Novembre 1724, à tous les Professeurs de l’Ordre de 8. Domini"que un Bref, qui réunissoic ces deux choses. Les Jésuites furent fort co n -sternes de voir le Pape le déclarer pour la Doctrine des Appellans fur [ agrâce. 11 s firent agir quelques Cardinaux, quì lui représentèrent qu’il avoitété bien loin dans ce Bref. Mus Benoit leur répondit, qu’il 11’avoit rienavancé, qu’il ne voulut bien soutenir en pré ence d’un Concile. D autrepart les Jansénistes auroienc voulu une condamnation pure & simple de I 3Bulle.