D’í TALIE. Lrtr. XXIV. C n.' T. 661
xne fat obligé de reprendre la route de ses Etats avec la plus grande partie Sectionde ses troupes. L’ínfant Don Philippe avoit passé par la France avec un XI *autre corps d’armée, étoit entré en Savoye, & s’étoit emparé de Cham- Wàberri & des principales Places. Le Roi de Sardaigne ayant rassemblé un defuifi’mcorps de vingt mille hommes, obligea les Espagnols de se retirer en Dau- 1623 jus-phiné. Sur ces entrefaites, une Escadre Angloife, fous les ordres de fA- í“’<* notremirai Mathews se rendit à Naples , menaça le Roi des deux Siciles, & tems -l’obligea de s’engager à une neutralité absolue, & à rappeller ses troupes "—"
qu’il avoit jointes à celles d’Espagne.
Au commencement de Tannée 1743, le Roi de Sardaigne repassa en Pie Cít ^paptemont, & abandonna la Savoye aux Espagnols. Mais f Infant Don Philippe de 17iì ’
& le Marquis de las Minas qui les commandoient n’en furent pas plus avan-cés. Ils ne purent pénétrer en Italie, tant les passages étoient bien gar-dés, deforce qu’ils resterent tranquilles jufqu’au mois d’Octobre. Alors ilstentèrent le passage par le Marquisat de Saluces, mais dans le tems qssilzse disposoient d’attaquer les retranchemens que les ennemis avoient auxenvirons du Château-Dauphin, les ordres de la Cour de Madrid firent sus-pendre les opérations militaires jusqu’au Printems. Dans l’intérieur dePltalie, le Comte de Gages commandoit farinée Espagnole, qui étoit dansle Bolonois. Aiant passé le Panaro la nuit du 4 au 5 de Fevrier, dans ledessein d’attaquer les Alliés, il se rendit maître de Campo-Santo ík de Fi-nal. Le Comte de Traun rassembla promptement ses troupes,, & le 8 dumois les deux armées sc trouvèrent en présence, & en vinrent aux mains.
Le combat fut long & sanglant, & les deux Partis s’attribuerent la vióioire.
Ce qu’il y a de certain c’est que le lendemain les Espagnols repasseront lePanaro. Le Duc de Modene, qui s’étoit déclaré ouvertement pour eux,prit le commandement de leur armée peu après. Cette armée attendoit ungrand convoi de munitions & d’artillerie, qui étoit parti de Majorque &qui entra dans le port de Genes. La Flotte Angloife, qui croisoit fur lescôtes de Provence, fit voile pour Genes, & l’Amiral Mathews prétenditque faille donné au Convoi Espagnol étoit une contravention à la neutralitésignée par les Génois, & exigea avec hauteur qu’on lui livrât le convoi,linon qu’il le brûleroit dans le port, Genes trop foible pour résister, obéità l’Amiral Anglois. Un second convoi arriva à Civita-Vecchia. Le Com-mandant de cette Place craignit les insultes des Anglois , & refusa f entrée duport aux Espagnols. Ceux-ci débarquèrent fur la côte voisine les munitions
f artillerie destinées pour f armée d’Espagne , qui les fit enlever par undétachement. Aussitôt une Escadre Angloife parut devant Civita-Vecchia,
& menaça de traiter comme ennemis tous les sujets du Pape, s’ils accor-doienc la moindre faveur aux Espagnols. Mais les Cours de Vienne & deTurin, qui avoient intérêt de ménager le Saint Siégé, arrêtèrent les fuitesde cette bravade. L’armée Espagnole resta toute cette année sur la dé-fensive dans la Romagne. Elle croioit y passer f hiver, mais le Prince deLoblcowitz Général de f armée Autrichienne , s’étant avancé pour f atta-quer fobhgea de sc rt tirer entre Fano <k Peíàro, où elle avoit un camphien fortifié. Les vivies étant venu à manquer, les Espagnols furent con-traints de s’approchtr de l’Abruzze.
Au milieu de tous tes désordres, dont l’Etat Ecclésiastique souffroit ex- Zele £?
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