D’I T A L I E. Liv. XXIV. Cir. I. 667
cette disposition n’a pas eu lieu. Ferdinand VI. Etant mort en 1759, le SectionR oi des deux Siciles succéda au trône d’Espagne, mit son troisième fils ^i-en possession de celui des deux Siciles, & Don Philippe resta Souve-rainée Parme, Plaisance & Guastalla. Le Traité d’Aix-la-Chapelle fit p U isVanquelques mécontens, entre autres le-Pape. 11 protesta contre l’atteinte 1023 jus-donnée au droit de Suzeraineté, qu il pretendoit fur Parme & Plaisance, < î u ’ ii n,íremais on ne s’inquieta gueres de ses protestations, & on n’en suivit pas tems 'moins les arrangemens qui avoient ete pris.
Au mois de Mars de Tannée 1749 » Tintant Don Philippe se rendit àParme & prit pûíleísion de cette Capitale de ses nouveaux Etats. Ce Prin-ce est mort en 1765 & a eu pour succefleur son fils actuellement régnant.
L’année suivante, les Vénitiens íe brouillèrent avec le Pape aú sujet de Les vèni-la partie du Patriarchat d’Aquilée soumise à la domination Autrichienne. <*«"/*
Par une ancienne convention entre les Archiducs d Autriche &■ la. Repu» j™?*/”,,blique, il avoit été réglé que les deux Puissances jouiraient alternative- Fa pe.ment du droit de nommer à ce Patriarchat; mais les Archiducs n’avoient 1750.jamais joui de leur droit, par le foin que les Patriarches Vénitiens d’A-quilée avoient toujours eu de se choisir des Coadjuteurs, agréés par le Sé-nat & munis des bulles du Saint Siégé, pour leur succéder. L’Impëratri-ce - Reine reclamoit contre cet usage, & prétendoit' que la tolérance deses prédécesseurs n’avoit pu prescrire le droit qu’ils avoient dé nommer àleur tour le Patriarche. Les Vénitiens soudoient leur prétention exclusivefur le non usage de Talternative. Après une longue négociation les deuxPuissances avoient pris le parti de rendre le Pape arbitre du différend.. Bëinoit XIV. prit un tempéramment qu’il crut propre à contenter les deuxParties. II maintint les Vénitiens dans la possession de nommer seuls lePatriarche d’Aquilée, & établit dans la partie Autrichienne dè ce Patriar-chat un Vicaire Apostolique , pour soustraire les sujets de lUmpératrice*
Reine à la juridiction d’un Prélat étranger. Ce tempérament déplut auSénat, & lans respecter rengagement qu’il avoit pris de se soumettre à ladécision du Pape, il fit éclater son ressentiment contre le Pontife , enrappellant le Chevalier Capello son Ambassadeur ordinaire à Rome, & enPesant signifier au Nonce qui résidoit à Venise Tordre de sortir incessammentdes Etats de la République. Capello, en partant de Rome, voulut remettreaux Cardinaux Ministres une protestation contre la décision de Benoit •mais ceux-ci s’excuscrent de la recevoir, fous prétexte qu’elle seroit peut-être conjue en des termes qui pourraient mécontenter le Pape, & qu’il neseroit plus maître de suivre ses dispositions naturelles pour Taccomrnode-ment de cette affaire.. Ce refus n’empêcha pas que la protestation ne fûtconnue dans Rome, où i’Ambassadeqr en avòit laissé plusieurs copies. LaRépublique, dans la ferme résolution de ne point renoncer à sa prétention,fit armer ses vaisseaux & ses galères, recruta & augmenta ses troupes deterre. Le Pape, plus sage & plus modéré que plusieurs de ses prédéces-seurs, se contenta de déclarer que, quelque loin que les choses pussent al-ler , il ne se croirait pas responsable des fuites de fa décision ; qu’il n’avoitrien fait que de conforme à la justice, en établissant un Vicaire Apostoli-que dans la partie du territoire Patriarchal soumise à la domination deTEmpératrice-Reine. Que par cette raison, se regardant déformais com-Tome XFIIL Pppp