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PRÉFACE.
meut publiés eu français sur la révolutiond’Angleterre, on est frappé du manque demouvement dans le récit 5 on y remarque,avant tout, l’intention unique et sérieuse defaire prévaloir son opinion, sans faire res-sortir sa personne, de constater la raison parle sang-froid 5 de donner de l’autorité à sonjugement, en rapportant plutôt la marchedes choses que l’action des individus. Rare-ment on se trouve transporté sur le lieu dela scène, rarement on entend parler et l’onvoit agir les personnages. 11 semble que cha-que écrivain a voulu prononcer avec toutela froideur de la postérité, qu’il a craint quecette mobilité d’imagination, si précieusepour tout peindre, lui fût imputée à indiffé-rence , et ne laissât soupçonner quelque in-certitude dans la conviction.
De quoi nous plaignons-nous donc, si nousavons dans notre langue des récits si atta-chans, si le temps passé nous a légué sa pein-ture fidèle, et a su laisser sa trace vivante?