DU COMTÉ DE BLOIS (1391).
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ferme contre les demandes du roi. En effet, il semontra d’abord assez froid, tout flatté qu’il étaitde la visite et des courtoisies de son royal sei-gneur. Alors on s’adressa à la comtesse, qui étaitune femme fort avare et avide d’argent ; elle n’ypouvait pas autant qu’un certain valet de chambredu comte, nommé Solder. C’était le fds d’un tis-serand de Malincs, qui avait entièrement subju-gué son maître : tout dans la maison ne se faisaitque par lui. Il ne savait pourtant ni lire ni écrire,et n’avait d’autre mérite et d’autre habileté quede plaire au comte, qui l’avait pris dans une folleaffection. Il en était ainsi de beaucoup de sei-gneurs , qui se laissaient conduire par des gensde bas étage et de nulle valeur : par exemple, leduc de Berri était à la merci de son valet JacquesThibaut, à qui, tout avare qu’il était, il donnaitdes sommes énormes. Ce fut donc par ce Solderque le duc de Touraine parvint à conclure sonmarché, moyennant deux cent mille francs poul-ie comté de Blois, et deux cent mille francs poul-ies domaines de Hainault, sauf la volonté ducomte de llainault, seigneur suzerain *.
Froissart.