DE CROISADE (1392).
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Il y était depuis peu de jours, lorsqu’arrivaune très-malheureuse aventure. Le sire de Craouavait continué à demeurer chez le duc de Bre tagne . A force de lui entendre regretter de nepas avoir fait périr le connétable, quand il letenait au château de l’Hermine ; h force de s’en-tretenir tous deux de ce qui arriverait si le con-nétable venait à être tué; de se dire qu’il n’enrésulterait ni beaucoup de trouble ni de grandesvengeances; que les deux gendres du sire deClisson n’avaient par eux-mêmes ni puissanceni crédit ; que par sa mort on changerait toutesles volontés du roi et du duc de Touraine; quece serait un moyen de ruiner le pouvoir du sirede la Rivière , du sire de Noviant et autres de lachambre du roi; qu’ainsi les ducs de Bourgogne et de Berri en seraient très-contens ; à force dese complaire dans leur haine et leur fureur, miepensée du démon s’empara de messire de Craon :comme il ne la combattit point, elle étouffa enlui toute réflexion et toute raison, et l’entraînaau crime. Il s’y prépara de loin et en prenanttoutes ses mesures
Il commença par vendre presque tous ses do-
1 Kroissart.—D'Argcntré.