Band 
Tome II.
Seite
52
JPEG-Download
 

52

ASSASSINAT

Les poursuites, quelque diligence quon y mît,furent donc inutiles. On sut que le sire de Craonétait arrivé à huit heures du matin à Chartres ,sy était reposé quelques momens chez un cha-noine son ancien serviteur, et de avait continuésa route vers le Maine . Ses gens, qui nétaientpas si bien montés, navaient pu le suivre et sé-taient dispersés en se cachant. Deux dentre euxet un.page furent pris dans un village à sept lieuesde Paris : on les amena sur-le-champ devant leChâtelet. Quatre jours après le crime, ils furentcondamnés. Dabord ils eurent le poing coupédans la rue Sainte-Catherine, puis on les con-duisit aux halles, ils eurent la tête tranchée.Leurs corps furent ensuite suspendus au gibet.Le concierge de lhôtel de Craon subit la mêmecondamnation. Le chanoine de Chartres , chezqui messire Pierre sétait arrêté, fut, malgré labonne renommée dont il jouissait, condamné àpasser le reste de ses jours dans un cachot, aupain et à leau.

Ces châtimens des serviteurs du sire de Craonne suffisaient pas à la justice et à la colère duroi. Dès le lendemain toute la ville de Paris avaitété en rumeur et en indignation de ce forfait.Le sire de Coucy arriva aussitôt chez son vieux