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ASSASSINAT
Les poursuites, quelque diligence qu’on y mît,furent donc inutiles. On sut que le sire de Craonétait arrivé à huit heures du matin à Chartres ,s’y était reposé quelques momens chez un cha-noine son ancien serviteur, et de là avait continuésa route vers le Maine . Ses gens, qui n’étaientpas si bien montés, n’avaient pu le suivre et s’é-taient dispersés en se cachant. Deux d’entre euxet un.page furent pris dans un village à sept lieuesde Paris : on les amena sur-le-champ devant leChâtelet. Quatre jours après le crime, ils furentcondamnés. D’abord ils eurent le poing coupédans la rue Sainte-Catherine, puis on les con-duisit aux halles, où ils eurent la tête tranchée.Leurs corps furent ensuite suspendus au gibet.Le concierge de l’hôtel de Craon subit la mêmecondamnation. Le chanoine de Chartres , chezqui messire Pierre s’était arrêté, fut, malgré labonne renommée dont il jouissait, condamné àpasser le reste de ses jours dans un cachot, aupain et à l’eau.
Ces châtimens des serviteurs du sire de Craonne suffisaient pas à la justice et à la colère duroi. Dès le lendemain toute la ville de Paris avaitété en rumeur et en indignation de ce forfait.Le sire de Coucy arriva aussitôt chez son vieux