DU ROI (1392).
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« le duc de Bourgogne qui était accouru ; mon-« seigneur veut vous tuer. Ah ! quel malheur !« Monseigneur est dans le délire ! Mon Dieu !« qu’on hache de le prendre ! » Il était si furieux,que personne n’osait s’y risquer. On le laissaitcourir çà et là et se fatiguer en poursuivant tan-tôt l’un, tantôt l’autre. Enfin, quand il fut lasséet tout trempé de sueur, son chambellan, messireGuillaume de Martel, s’approcha par derrière etle prit à bras le corps. On l’entoura, on lui ôtason épée, on le descendit de cheval ; il fut couchédoucement par terre, on défit sa jacque. Sonfrère et ses oncles s’approchèrent ; ses yeux fixesne reconnaissaient personne, il ne disait pas uneparole h
« Il faut retourner au Mans , dirent les ducs«' de Berri et de Bourgogne ; voilà le voyage de« Bretagne fini. » On trouva sur le chemin unecharrette à bœufs ; on y plaça le roi de France en le liant, de peur que sa fureur ne le reprit,et on le ramena à la ville sans mouvement et sansparole.
La nouvelle se répandit bientôt dans l’armée ;chacun, même les médecins, croyait qu’il n’y
1 Froissart. — Le Religieux de Saint-Denis.
TOME II, 5 * EDIT. 5