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DISGRACE
Il avait sagement pensé, car le jour meme leduc de Berri remontra à son frère qu’ayant ainsitraité le connétable, il fallait poursuivre, et queles anciens conseillers du roi devaient y laisser lavie : les ordres furent donnés sur-le-champ pourles arrêter. Montaigu, qui se doutait depuis long-temps de ce qui allait arriver, et qui avait su ca-cher sa richesse, fut averti à temps et se sauva.Le sire Lemercier de Noviant, dont l’hôtel étaitguetté et environné, ne put s’échapper. Il fut priset enfermé au Louvre ainsi que le sire de Vilaines.Quand les oncles du roi surent qu’Olivier de Clisson était parti, ils en furent très-affligés. Ilsespérèrent qu’on pourrait encore le prendre hMontlhéry, et envoyèrent sur-le-champ troiscents lances commandées par le sire de Coucy,le sire Guillaume de la Tremoille, le sire deChâteau-Morand et le sire des Barres. « Partez« pour Montlhéry, leur dirent-ils, entourez le« château et la ville, et ne revenez pas sans nous« l’amener mort ou vif. » Les chevaliers obéirentbon gré mal gré, car les oncles du roi avaientmaintenant tout pouvoir. Ils semblèrent prendretoutes leurs précautions pour surprendre le con- *nétable. Avec l’aide de Dieu et des bons amisqu’il avait parmi ceux qui venaient l’arrêter, il