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PREPARATIFS
et pavillons étaient de satin vert. La livrée, com-posée de plus de deux cents personnes, était auxmêmes couleurs. Les armures, la vaisselle, leshabits, tout était resplendissant; durant plus d’unmois, les chambellans ne savaient à qui entendre.
Tant de dépenses forcèrent, comme on peutcroire, à demander beaucoup d’argent au peuple.La Flandre, la Bourgogne , et chacun des Étatset domaines du Duc, eurent à payer de fortessommes. Il avait, selon les usages du temps,deux causes pour en demander : la chevalerie deson fils et le voyage d’outre-mer. La taille desvilles et des campagnes ne suffisant pas, on taxatous les possesseurs des fiefs, vieillards, femmeset enfans qui ne pouvaient pas marcher à la croi-sade, et on leur fit, contre la coutume, acquitterleur service en argent. A toutes ces ressources ilfallut encore ajouter de grands emprunts faits àVenise et à Vienne 1 .
Comme l’armée allait bientôt se mettre enroute, arriva le sire de Coucy, qui revenait d’I talie où il était allé soumettre la ville d’Asti ré-voltée contre le duc d’Orléans son seigneur; avecson habileté accoutumée, il avait commencé a