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Tome II.
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RÉCIT

Paris . Le peuple ne les voulait point croire et lesprenait pour de médians vagabonds. « Il fau-« drait, disait-on, pendre ou jeter à leau cette« canaille qui sème ainsi de tels mensonges. »Cependant chaque jour il en arrivait de nouveauxqui racontaient les mêmes choses. Le roi, voyantle trouble quelles excitaient, défendit quil enfût parlé davantage, et ordonna quon mît en pri-son ces prétendus fugitifs. Il y avait parmi euxdeux hommes qui se firent connaître pour valetsdu connétable. Le duc de Bourgogne , inquiet deson fils, les interrogea curieusement, et ce quilen apprit redoubla ses alarmes. Il envoya de touscôtés des messagers, et fit partir le sire Guillaumede lAigle, son chambellan, afin davoir enfin desnouvelles certaines. Celui-ci, pour prendre uneroute plus sûre, passa par Milan, et sembarquaà Venise *.

Enfin le 25 décembre, jour de Noël, arriva unchevalier de lArtois, nommé messire Jacques deHelly ; il se fit (lire était le roi : sans tarderun moment, il entra à lhôtel Saint-Paul, toutbotté et en éperons, et se jeta à genoux devant le

1 Manuscrit de la bibliothèque de Dijon . Froissart.Juvénal . Le Religieux de Saint Denis.