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SERMON
s exprima d’une façon bien courageuse. Aprèsavoir peint avec détail les vices et les vertus desgens de cour, après avoir dit ce qui était à éviteret à pratiquer, il continua ainsi :
« Certes, je voudrais vous plaire, noble reine,« mais je préfère votre salut h la crainte que peut« me causer votre colère. La seule déesse Vénus« règne à votre cour. Les bombances et l’ivresse« y font de la nuit le jour, et se mêlent aux dan-« ses lascives. Ce maudit et infei’nal cortège as-« siège la cour, énerve les mœurs et les forces« de beaucoup de gens, et souvent empêche que« des chevaliers et des écuyers efféminés ne par-« tent pour des expéditions guerrières, de peur« d’en revenir estropiés de quelqu’un de leurs« membres. »
De là il passa au luxe des habillemens, dont lareine était la principale cause ; et après l’avoirfortement réprimandée :
« O reine! ajouta-t-il, voilà, entre beaucoup« d’autres choses, ce qui se dit à la honte de la« cour. Si vous ne voulez pas me croire, prenez« l’habit de quelque pauvre femme, et marchez« par la ville, vous en entendrez parler assez de« gens. »
La i-eine n’écouta point tout cela avec plaisir.