Band 
Tome II.
Seite
385
JPEG-Download
 

ENTRE EES PRINCES (1408).

385

garde choisie parmi les chevaliers, autour duDauphin ; les clefs de la Bastille furent redeman-dées au sire de Montaigu, et le sire de Saint-Georgeen eut le commandement; enfin, il fut permis auxbourgeois de se munir d’armes suffisantes, etd’avoir des chaînes pour défendre leurs rues. Cefut une grande joie parmi le commun peuple, quidéjà était très-favorable au duc de Bourgogne ; onsavait qu’il s’était toujours opposé aux tailles; onconnaissait les belles remontrances qu’il venaitde faire et dont il avait répandu partout des co-pies ; on disait qu’il était venu pour empêcher lareine d’emmener le Dauphin en Allemagne ; ilrétablissait de jour en jour les privilèges de laville. En moins de huit jours il y eut plus de sixcents chaînes forgées et placées dans les rues.

Chacun n’en redoutait pas moins la guerre.Bien que le duc d’Orléans ne comptât point departisans à Paris , et que tous les princes fussentd’accord avec le duc de Bourgogne, il n’était per-sonne qui ne désirât une réconciliation. Le roimême eut quelques instans de raison, et défenditqu’on eût recours aux armes. On fit des prièrespubliques pour obtenir ce bienfait de la bontédivine ; le duc de Bourbon fut envoyé à Melun pour engager le duc d’Orléans à cesser ses arme-

TOME H. 5 C ÉDIT. 2.>