GOUVERNENT EN COMMUN (1408). 395
Ces épargnes, estimées communément à sixcent mille écus d’or, ne suffisaient pas pour ré-tablir les finances. De beaux projets pour avoirbeaucoup de revenu sans grever personne étaientsans cesse présentés, et le duc de Bourgogne con-tinuait à se porter dans les conseils comme le dé-fenseur du peuple'. Pendant ce temps-là il tiraitde ses provinces le plus d’argent qu’il pouvait, etil en avait fort besoin, à cause des prodigieusesdépenses qu’il venait de faire. Les États du du-ché de Bourgogne lui consentirent un don gra-tuit de trente-six mille livres. De même que sonpère, il gouvernait raisonnablement ses domai-nes, y maintenait le bon ordre et n’était point haïde ses sujets. Ce ne fut qu’après une assez longuerésistance, et sur les avis réitérés de son conseil,qu’il adopta un moyen, nouveau encore en Bour gogne , de se procurer de l’argent. Il réunit à sondomaine tous les offices de notaires, huissiers,greffiers, et de toute sorte d’officiers publics;puis les donna à ferme, ainsi que le produit detous droits de chancellerie, greffe et expédition \
Les conseils du roi avaient encore à s’occuper
1 Le Religieux de Saint-Denis.
2 Histoire de Bourgogne.