22 LE RÉGENT ESSAIE DE PACIFIER
Le comte de Saint-Pol et ses chevaliers se trou-vèrent ainsi livrés à un ennemi beaucoup plusnombreux ; leur position était périlleuse ; ils fi-rent bonne contenance. Enfin arriva la nouvellecertaine que les deux princes avaient pris jourpour leur combat corps à corps, qu’ainsi touteguerre était suspendue.
Le duc de Glocester retourna en Angleterre,où le rappelaient de vifs démêlés avec l’évêque deWinchester ; sur les instances des gens du Hai-naut, il laissa madame Jacqueline sous la gardede la ville de Mons. Le duc Philippe lui envoyaun sauf-conduit afin qu’il traversât paisiblementses États, et qu’il allât faire ses préparatifs pourleur combat. De son côté, il s’apprêta pour cettejournée; tout habile qu’il était aux joûtes et auxfaits d’armes, il se livra avec ardeur aux exercicesde chevalerie. Il manda à lui les maîtres lesplus fameux ; à peine prenait-il le temps de s’as-seoir pour ses repas. Il avait fait établir une forgedans son château de Hesdin ; là, sous ses yeuxet d’après ses idées, on fabriquait toutes sortesd’armes et de harnais de guerre, magnifiques,commodes et de résistance \
1 Monstrclef. —Saint-Rcmi. — Fcnin.