DE MANTOL'E (14ÎÎ0).
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n’eût aussi un bien grand renom en Italie . Gênes venait de se donner à lui; les Florentins, peud’années auparavant, avaient choisi pour leurcapitaine Jean, duc de Calabre , fils du roi René.En ce moment même la maison d’Anjou dispu-tait avec avantage le royaume de Naples au roid’Aragon. Mais le pape et le duc de Milan favo-risaient les Aragonnais ; et là, comme en toutautre lieu et en toute autre affaire, le duc deBourgogne tenait le parti opposé à la France .Ainsi c’était lui qui était comblé de louanges etd’honneurs au concile de Manloue. Au contraire,le roi avait pour partisans tous les ennemis duduc de Milan et de la maison d’Aragon, particu-lièrement les Vénitiens. Avant l’arrivée des am-bassadeurs de France qui tardaient beaucoup, lepape semblait tout disposer pour la grande entre-prise, et, de concert avec le cardinal Bessarion,Grec d’origine et réuni à l’Église romaine, ilpromettait toujours un succès facile; mais les en-voyés de Venise , raillant cette présomption etcette hâte, lui disaient : « Vous êtes né homme« en pauvreté et ne savez ce qu’est une telle be-« sogne que de vouloir faire bataille aux Turcs.« Il est besoin d’attendre la délibération du grand« roi. »