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Tome VIII.
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14 COMMENCE ME SS I)E GOEYEUNEMENT

« de bonnes villes bien riches, pleines dIiabi-« tans, des gens bien vêtus, bien logés, bien men-te blés, ne manquant de rien; le commerce y est« grand , les communes y ont de beaux privilèges.

« Quand je suis entré dans mon royaume, jai« vu, au contraire, des maisons en ruines, des« champs sans labourage, des hommes et des« femmes en guenilles, des visages maigres et<( pales. Cest une grande pitié, et jen ai lâme« remplie de chagrin. Tout mon désir est dy por-te ter remède, et, avec laide de Dieu , nous en« viendrons à bout. » Cétait avec ces bonnes pa-roles quil les avait renvoyés contens; mais ilne leur avait rien promis. Le Duc le pressait ausside donner cette satisfaction à ses peuples; maisle roi Louis nétait pas homme à se laisser con-seiller. Jamais on navait vu en France princed'un génie si actif et dun esprit si subtil ; jamaisaucun qui comprit mieux et pl us vite toutes choses ;mais aussi avait-il trop de présomption en son pro-pre sens et trop de méfiance et de dédain du sensdautrui. Dailleurs il embrassait tant daffaires,il se résolvait si hâtivement, il prenait des voiessi diverses et parfois si détournées, quil com-mença bientôt à tenir tout le monde en inquié-tude, à se donner une renommée peu convenable