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Sl'ITF. DES DISCOUDES
assurait que les ambassadeurs s’étaient comportésentièrement d’après son avis. La présence ducomte de Charolais, de ses serviteurs et de sespartisans à la cour de Bourgogne n’augmentaitpas peu cette rumeur.
D’ailleurs il n’y avait, disait-on, rien de si or-gueilleux et de si absolu que tous ces Croy. Jamaissimples gentilshommes n’avaient fait si rapide-ment unp si haute fortune 1 : richesses, pouvoirs,seigneuries, tout s’amassait dans leur maison. Ilsétaient maintenant unis par alliance avec les mai-sons de Luxembourg , de Lorraine et de Bavière ,et semblaient se regarder comme des princes ouplus que des princes. Leur faste passait toutecroyance. C’était un train infini de serviteurs, deparenset d’amis, qui leur formaient comme unecour. Le plus sage de tous les Croy était encorele sire Antoine. Son frère Jean, sire de Chimay ,gouverneur de Luxembourg et du comté de Na-mur, qui d’ordinaire ne se tenait pas auprès duDuc, était bien plus rempli d’orgueil et de hau-teur. On eût dit qu’il possédait en propre lesÉtats dont il n’avait que le gouvernement. Il yrégnait comme en sa seigneurie, et le comte
1 Chalelain.