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GUERRE CONTRE LE DUC
avaient reçu l’ordre de venir avec leurs gens re-joindre le roi; il ne savait pas, ou feignait d’igno-rer qu’ils étaient engagés dans la ligue des prin-ces. Il partit de Tours , passa à Saint-Aignan,n’essaya point de prendre Bourges , où les rebellesavaient mis garnison, et, se hâtant toujours d’ar-river en Bourbonnais , il emporta, sans nulle ré-sistance, Saint-Amand, le fort château de Mon-rond et Montluçon . Partout il faisait de bonnesconditions aux garnisons, n’exerçait nulle rigueurni vengeance, traitait doucement les habilans,maintenait une exacte discipline dans ses compa-gnies de gens d’armes, les payait régulièrement,et ne prenait rien dans le pays sans l’acheter. Sibien que, vers le milieu de mai, il fut maître detout le Berri, hormis la ville de Bourges , et d’unegrande partie du Bourbonnais .
Mais pour lors arriva le duc de Nemours , qui,au lieu de venir joindre le roi à Montluçon , s’ar-rêta à Montaigu, et envoya le sire de Langeacdemander des sûretés ; disant que, si elles ne luiétaient pas accordées, il ne pourrait aller plusloin. On vit bien alors qu’il était du parti desprinces, ou que du moins il/ïntendait profiter dela situation du roi pour lui faire la loi. Des négo-ciations commencèrent ; le roi ne se fâchait point,